27.11.07

Les familles nombreuses réussissent moins bien

L'Insee vient de rendre public le 15 novembre une étude sur les liens entre famille nombreuse et ascenseur social. La conclusion est nette : " avoir peu ou pas de frères et soeurs correspond globalement à des situations sociales plus favorable". Dans les familles nombreuses de plus de quatre frères et sœurs, "ils ont des diplômes moins élevés, mais aussi plus souvent professionnels et, en conséquence, des revenus du travail inférieurs, une exposition plus grande au chômage et un taux d'inactivité plus élevé ". Et ce constat se confirme quel que soit le milieu social d'origine. Mais sans doute ces familles réussissent-elles d'autres choses que la montée du seul ascenseur social.

Source : Le Monde, 16/11/07

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26.10.07

L'éducation : vigilance et affection

Daniel Pennac, encore à l'occasion de la sortie de son nouveau livre chez Gallimard, "Chagrin d'école" :

"Quand vous pénétrez dans une classe de trente élèves, pour peu qu'ils soient socialement mélangés, vous vous retrouvez face à la France entière, un lieu incroyablement riche et divers. C'est pourquoi il me semble assez bête, comme c'est la mode aujourd'hui, de seriner que l'école doit "s'ouvrir" sur l'extérieur. Les gosses qui arrivent en classe sont déjà bourrés d'"extérieur", ils déboulent, la tête pleine de pub et l'histoire de leurs familles dans leurs sacs à dos. Ceux qui, aujourd'hui, proclament vouloir "ouvrir" l'école sont tous vendeurs de quelque chose : des fringues, des calculettes, des téléphones portables… Il faut en protéger les enfants si l'on veut qu'ils parviennent, quelles que soient leurs difficultés, à s'incarner dans l'heure de cours. En matière d'éducation, il n'y a que la vigilance et l'affection."
Source : Télérama, 10/10/07

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23.10.07

Les enseignants face aux "enfants-clients"

Daniel Pennac, à l'occasion de la sortie de son nouveau livre chez Gallimard, "Chagrin d'école" :

"Jour après jour on stimule chez l'enfant des désirs de consommation dans des domaines identiques à ceux des adultes : habillement, nourriture, locomotion, électronique, téléphonie… L'enfant acquiert ainsi une légitimité commerciale qui en fait un rouage indispensable à la société marchande et le place sur un pied d'égalité avec l'univers des adultes. Il accède à la prospérité sans contrepartie, avec l'argent de ses parents ou en se "débrouillant". Le système s'en fiche du moment que l'argent circule. Les enfants qui débarquent aujourd'hui dans les classes sont ainsi de petits propriétaires, animés par des désirs qu'ils ont l'habitude de voir rapidement satisfaits. Dans notre culture, désormais, l'achat de l'objet convoité est devenu, pour les parents, le moyen principal de manifester leur affection. (…) Les enfants, aujourd'hui, confondent leurs désirs superficiels et leurs besoins fondamentaux. Ils arrivent à l'école porteurs de désirs qui demandent à être satisfaits immédiatement, c'est l'attrait constant de la nouveauté : une nouvelle marque, un nouveau téléphone, une nouvelle génération de godasses… Or ils se trouvent dans un lieu qui a pour vocation de s'adresser à leurs besoins fondamentaux : lire, écrire, compter, raisonner. Et, qui plus est, l'école exige d'eux, pour la première fois, une monnaie d'échange : du savoir contre de la concentration, de l'attention, de l'effort, bref, du travail, avec tout ce que cela suppose de renoncement aux désirs de consommer ! Les enseignants qui imaginent toujours s'adresser aux enfants de Jules Ferry ne sont absolument pas préparés à cette enfance-clientèle."
Source : Télérama, 10/10/07

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Les diplômes font la différence

L'économiste Eric Maurin défend la valeur des diplômes contre les déclinistes :
"Pour savoir si l'obtention d'un diplôme a constitué ou non un atout pour les générations qui ont bénéficié d'un accès beaucoup plus large que par le passé a un enseignement supérieur, à savoir celles nées entre 1964 et 1976, il faut observer le devenir de l'ensemble de ces classes d'âge et non isoler celui des seuls diplômés. On observe alors que l'allongement des études a coïncidé avec une baisse très claire du chômage à l'entrée dans la vie active. Les deux courbes se suivent avec une symétrie presque parfaite. On observe même que, dès que l'effort de démocratisation s'est interrompu, le chômage a cessé de diminuer. Mieux, une part importante de ces «nouveaux diplômés» sont devenus cadres et ils ont connu une hausse significative de salaire, de l'ordre de 10% à 15% par année d'études supplémentaire. Si ce bénéfice reste mal perçu, c'est parce que l'explosion du chômage, qui a si durablement marqué les esprits, est intervenue en réalité avant la démocratisation du lycée et de l'université mise en route par Jean-Pierre Chevènement. Mais on continue à lier les deux phénomènes. (…) A aucun moment on observe de baisse de salaire pour les titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur. Bien au contraire, l'écart, en matière de niveau d'emploi et de statut, entre les diplômés et les non-diplômés ne cesse de s'accroître. Mais on pourrait dire que le mythe de la dévalorisation est aussi vieux que l'école. Depuis le développement de l'éducation dans les pays développés, il s'est toujours trouvé des tribuns pour crier à la baisse de niveau, au bradage des diplômes. (…) De toute façon, qui peut croire qu'il soit préférable à quiconque d'être privé de la possibilité de poursuivre des études ?"
Source : nouvelobs.com, 11/10/07

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5.10.07

Le bébé a un énorme pouvoir

Le pédopsychiatre Bernard Golse :

"Le bébé a un énorme pouvoir. C'est lui qui engage la relation avec nous. C'est en ce sens que le bébé est un acteur. (…) Cette compétence particulière d'être orienté immédiatement vers l'autre, les bébés autistes ne la possèdent probablement pas. En outre, très tôt, le bébé essaie de repérer des invariants dans le fonctionnement de la mère, du père, de l'environnement. Ce travail d'abstraction lui permet de se forger des représentations : il va ainsi se donner une théorie du monde qui l'entoure. Je dis aussi qu'il est un poète, par cette capacité spécifique que nous perdons en grande partie à l'âge adulte de traiter les informations d'un canal sensoriel à l'autre : les odeurs dans le canal tactile, etc. C'est ce que les neurologues appellent la transmodalité, et que nous perdons en partie à l'âge adulte. Seuls les poètes, les artistes la possèdent en partie. Donc quand on est théoricien et poète, je dis que l'on est philosophe…"
Source : Les Grands Dossiers des Sciences Humaines, 09-10-11/07

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26.9.07

Jeux dangereux à l'école

Les chiffres sont assez effrayants : un sondage réalisé pour l'association SOS Benjamin révèle qu'un enfant sur quatre a déjà assisté à un jeu dangereux à l'école. 12 % reconnaissent même y avoir participé. L'essentiel se passe à l'école primaire, mais des cas ont été identifiés en fin d'école maternelle. Il y a beaucoup de travail d'éducation et de sensibilisation à mener.
Source : Le Monde, 23-24/09/07

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19.9.07

Plus de 3 millions d'illettrés en France

Il y a 3,1 millions d'illettrés en France : tel est le résultat de la première enquête importante en France à ce sujet. 9 % des adultes sont concernés. La proportion est de 4,5 % des 18-25 ans, mais 14 % des 56-65 ans. Elle est aussi plus importante en zone rurale qu'en ville. Je ne soupçonnais pas de chiffres d'une telle ampleur en France aujourd'hui.

Source : L'Express, 13/09/07

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17.9.07

Les nouvelles technologies débarquent dans les classes

Saviez-vous que 7.000 salles de classe en France sont équipées d'un tableau blanc interactif ? Et ce chiffre devrait prochainement doubler. Concrètement, le professeur fait son cours à partir d'un ordinateur relié à un rétroprojecteur, qui affiche le cours sur le tableau blanc (voir ce schéma pour comprendre). Exit le vieux tableau noir et la craie ! Même les enseignants sceptiques semblent conquis : les élèves sont plus concentrés et participent davantage. Le psychiatre et spécialiste du développement de l'enfant Frédéric Kochman en explique la raison :
" On débloque une partie du cerveau qui n'a pas été éveillée par le processus "normal" d'apprentissage. Un cours sur tableau noir contraint l'élève à rester concentré sur la zone temporale de l'audition et la zone occipitale de la vision : s'il n'est pas intéressé à priori, il ne le sera pas à la fin du cours. Un tableau interactif, à l'inverse, parce qu'il fait appel à un système tridimensionnel et d'animation, touche plusieurs zones du cerveau et dope l'apprentissage ; d'une part, il titille le noyau accumbens, qui active la notion de plaisir (c'est son côté ludique) ; de l'autre, l'hippocampe, qui renforce la mémorisation ; enfin, il touche aussi les neurones miroirs, qui permettent d'apprendre au contact des autres êtres humains, de développer notre empathie. C'est grâce à ces neurones miroirs que nous sommes passés du singe à l'homme, que nous avons développé notre savoir : par l'observation de l'autre. Et cela ne se fait qu'en trois dimensions."
Source : Le Monde 2, 15/09/07

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13.9.07

Le bac ne vaut strictement rien...

Jean-Robert Pitte, le président de Paris-Sorbonne, vient de publier "Stop à l'arnaque du bac". Il ne mâche pas ses mots :
"Face au blocage complet du système éducatif français et aux inepties que j'ai entendues au moment du CPE, j'ai décidé de m'exprimer. Il faut expliquer que le bac (qui coûte 200 millions d'euros chaque année...) ne vaut strictement rien et est l'aboutissement d'un système périmé et laxiste. Rappeler que l'on trouve dans certaines copies des phrases telles que «La Suisse est une fée des nations» ou «On voit qu'un pays est riche ou pauvre à son BNP». Dire que l'université est la voiture-balai de l'enseignement supérieur, les autres formations sélectives faisant leur marché auprès des meilleurs élèves. (…) Je suis contre le laisser-aller actuel, tant pis si ça fait vieux schnock! Il faut poser des barrières. Il manque à l'Education nationale une Françoise Dolto, porteuse d'un discours à la fois de générosité et d'exigence. Evidemment, cette dernière ne s'apprend pas à l'université, mais dès la maternelle, et, avant cela, à la maison. C'est donc l'ensemble de la société qui doit porter cette idée. L'enfant roi aux caprices duquel on cède toujours, qu'on laisse pousser sans terreau, coûte finalement très cher au système."
Source : lexpress.fr, 30/08/07

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19.2.07

Le développement des phobies scolaires

Le chroniqueur Jean-Michel Dumay : " Il y a des gamins malades de l'école. Pas des petites peurs, des minauderies d'avant contrôle ou interrogation. De vraies "phobies scolaires". A déclencher des maux de ventre, à se faire du mal, à aller consulter son médecin de famille. Et plus, si gravité. On a pu lire cela, ces dernières semaines, dans les journaux qui ont consacré de l'espace au phénomène autrement baptisé "refus anxieux de l'école". Teemix, le "rendez-vous des jeunes filles" du site aufeminin.com, abonde de témoignages sur le sujet. Des structures prennent en charge les élèves concernés, parfois au carrefour de la pédopsychiatrie et du scolaire, comme à Grenoble, où le lycée Stendhal a développé une classe "passerelle", dont Le Parisien s'est fait l'écho en décembre 2006. Dans une communication à l'Académie de médecine fin 2006, le professeur Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre spécialiste du sujet, estimait à 2 % les écoliers et collégiens susceptibles d'être touchés. Bien sûr, les causes sont à chercher dans les tréfonds de chaque âme adolescente ou enfantine : angoisse de séparation, phobie sociale, trouble de l'apprentissage. Mais l'une d'elles revient comme un leitmotiv, surestimée peut-être dans le cas de cette pathologie : la pression, la peur de l'échec scolaire, l'anxiété de performance. La "phobie", par son excès, symbolisant alors les cas extrêmes des travers de la société de compétition. Transmise de père en fils, de mère en fille, la crainte de l'échec, du déclassement, renvoie chaque enfant, livré à lui-même dans une société marquée par l'individuation, au dogme de la réussite. L'aspiration à celle-ci, parfois, est sans limite. Elle devient un but en soi, presque un impératif psychique : un idéal de perfection et d'excellence, un Graal, par définition inatteignable. On en saisit l'écueil, l'autre versant, son pendant angoissé : la crainte de n'être pas à la hauteur, de ne pas y arriver. Et chaque jour que le calendrier scolaire fait de subir, par le bulletin de notes, l'empreinte de sa (non ?) réussite chiffrée. " (Le Monde, 21-22/01/07)

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12.2.07

Trop de télé nuit aux enfants

Le mensuel Psychologies de janvier consacrait une enquête au " trop de télé qui nuit gravement aux enfants ". Voir cet extrait où il est question de l'imagination bridée par la télé : " La télévision affecte la capacité de représentation de l'enfant, autrement dit, altère sa faculté d'imagination. C'est ce que montre de manière de évidente le pédiatre allemand Peter Winterstein, qui a étudié pendant plus de dix-sept ans les dessins de quelque mille neuf cents enfants, âgés de 5 à 6 ans. Plus les enfants passent du temps devant le poste, plus leurs dessins s'appauvrissent en détails et perdent de leur relief, quand ils ne sont pas carrément déstructurés pour les plus « téléphages ». A l'issue de son enquête, Peter Winterstein n’hésite pas à comparer la nocivité de la télévision pour le développement de l'enfant à celle de la cigarette pendant la grossesse ! "

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2.2.07

Les ados utilisent les médias pour se construire

Le pédopsychiatre Claude Allard au sujet de l'influence des médias sur les ados : " On a observé aux Etats-Unis et en Belgique que des bébés exposés à des images contenant des actes agressifs reproduisaient ces comportements. Cela étant, l'impact dépend beaucoup du milieu familial, de la présence ou non de parent pour relativiser ce qui a été vu et accompagner l'enfant. Je me souviens d'une mère qui s' étonnait que son fils soit surexcité et agressif en fin de week-end... Il le passait à jouer à GTA Vice City, un jeu vidéo très violent dont le but est de devenir le meilleur gangster de Los Angeles. Les parents doivent s'informer, dialoguer avec leur enfant, l'avertir des dégâts qu'occasionnent certaines images, lui expliquer qu'il n'est pas obligé de faire comme les autres. Car, outre la reproduction des actes vus, il y a aussi les peurs, les cauchemars et l'anxiété provoqués. Le temps qu'un jeune rationalise ce qu'il regarde, les dégâts peuvent être importants… Et lorsque des adolescents prétendent rire de la violence et avoir suffisamment de recul, je vois là une forme de désensibilisation guère rassurante. (…) Ados et enfants utilisent de plus en plus les médias pour se construire et se trouver des valeurs. Généralement à l'insu de parents dépassés ou désintéressés. D'où l'importance de veiller à la qualité de ce qu'on y trouve. Compter, comme aujourd'hui, sur les producteurs de films ou les programmateurs de jeux pour qu'ils se régulent eux-mêmes, c'est illusoire. (…) Sur Internet, si vous n'installez pas de filtre de contrôle, c'est la sauvagerie la plus totale. Les jeunes cherchent les limites qu'ils n'ont plus. Il serait peut-être temps pour les adultes de leur en redonner. " (La Vie, 11/01/07)

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21.11.06

Et si les jeux vidéo étaient bons pour les enfants ?

L'hebdomadaire Le Monde 2 titrait récemment " Jeux vidéo : et s'ils étaient bons pour les enfants ? ", allant ainsi à contre-courant du discours souvent entendu sur les effets néfastes de trop jouer. A Bordeaux, un atelier thérapeutique jeux vidéo a été ouvert à l'hôpital psychiatrique de jour. Au sujet des enfants qui y sont traités, le psychologue François Lespinasse dit ceci : " Ils acquièrent une compétence qui les valorise auprès de leurs parents. Ils rééduquent leur psychomotricité fine, gagnent en apaisement, en concentration, comprennent le lien interactif, et surtout mobilisent leurs capacités sur quelque chose d'extérieur à eux-mêmes, ce qui les conduit à échanger entre eux et avec nous. On craignanit que ces enfants se referment davantage encore sur eux-mêmes avec le jeu vidéo. Mais pas du tout ! " (Le Monde 2, 26/10/06)

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9.11.06

La crise des transmissions parents-enfants

" Le constat nouveau, c'est qu'il n'y a plus de transmission volontaire de la part des parents. Le rapport à la culture humaniste, héritée, s'est complètement perdu, y compris chez les enfants d'origine fav0risée. On observe, en revanche, un renforcement très fort des relation entre pairs, et de la pression culturelle imposée par les groupes, surtout pour les garçons. Chez les jeunes, les produits culturels sont très liés à leur capacité à créer du lien social. Ce qui circule donc, c'est beaucoup de musique (r'n'b, rap, rock essentiellement), des contenus télévisuels pour les filles et des jeux vidéo pour les garçons, tout cela encouragé par la démultiplication des pratiques de communication : portables et SMS, chats sur Internet. Et dans ce système, il est très difficile pour les jeunes d'aimer quelque chose que les autres n'aiment pas. Certains élèves peuvent avoir des stratégies, et des pratiques, dont ils ne parlent jamais au lycée, mais elles ont en général du mal à perdurer - parce que écouter du jazz, par exemple, n'a aucune rentabilité sociale. La transmission verticale, venant des parents, n'est donc plus possible, parce qu'elle est trop contrariée par la normativité de la culture horizontale, la culture des pairs. " Dixit la sociologue Dominique Pasquier, qui a mené une enquête sur ce thème dans différents lycées. (Les Grands Dossiers de Sciences Humaines, septembre-octobre-novembre 2006, consacré à " Une société face à sa jeunesse ").

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Les jeunes quittent la maison à 21 ans

Une étude de l'Ined vient de montrer que c'est en moyenne à 21 ans que les jeunes quittent la maison. Dans les années 50, cet âge correspondait à la constitution des couples. Aujourd'hui, le départ se fait pour la poursuite des études ou pour occuper un emploi. Par ailleurs, 43 % des enfants voient leur père ou leur mère chaque semaine. (Le Monde, 13/10/06)

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10.10.06

L'enfant-roi est le miroir des adultes

" Le discours injustement péjoratif, violent même, que l'on entend sur les enfants, et qui va en s'amplifiant depuis une quinzaine d'années, me déplaît. Les enfants seraient gâtés, exigeants, capricieux, incapables de se concentrer, d'accepter qu'on leur fixe des limites ou que l'on ne cède pas immédiatement à tous leurs désirs. Je ne nie pas que certains enfants sont tyranniques et capables de « déborder » leurs parents, mais tant d'autres font de grands efforts pour s'adapter aux situations complexes auxquelles ils sont confrontés. (…) Je pense à tous ces enfants surchargés par des emplois du temps de ministre, qui doivent s'adapter aux rythmes et aux exigences du système scolaire. Je pense à ces enfants accablés par le poids des angoisses parentales qui doivent coûte que coûte réussir dans un contexte difficile et qui sentent très bien que, dans la société à venir, leur place n'est pas acquise. Je pense aux enfants confrontés à la non-disponibilité de leurs parents, et qui, parfois, deviennent très tôt leurs confidents, voire leurs thérapeutes. (…) L'enfant doit naviguer entre deux mondes aux exigences contradictoires. D'une part, l'effort, la concentration, la continuité. On reproche aux enfants de ne plus lire, d'aller vers la facilité, de papillonner, d'être des consommateurs, de jouer à des jeux vidéo. Mais les parents eux-mêmes lisent de moins en moins, ont fait du shopping un de leurs loisirs préférés, sont parfois accros au travail… D'autre part, ce qui est requis dans le monde contemporain, c'est bien la souplesse, la flexibilité, la capacité de s'adapter à des contextes multiples et à des situations changeantes, la compétence pour les technologies nouvelles. Bref, l'enfant-roi est à la fois le produit de la société et le miroir des adultes. Il est un compromis historique, figure caractéristique de l'hypermodernité, né de la n0stalgie d'un ancien système et annonciateur d'un renouveau. " Dixit la psychologue et psychosociologue suisse Simone Korff. (Le Monde 2, 16/09/06)

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28.9.06

Le prix de la scolarité

Selon l'Education Nationale, le coût total de la scolarité pour un élève jusqu'au bac est de 96.260 €. (L'Express, 31/08/06)

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27.9.06

Les limites du multitâches

" Nos chères têtes blondes ont muté. Elles sont devenues les adeptes du «multitasking» - le «multitâches» - un phénomène qui déroute les plus âgés. «Mini, mini, mini, tout est mini dans notre vie», chantait Jacques Dutronc en 1966. Quarante ans plus tard, tout est devenu «multi». Multiplicité des médias, outillage numérique et internet multiple, multiplication des combinaisons et possibilités. Pour le neuropsychologue Micah Murray, «le cerveau ne peut que tirer profit des situations dans lesquelles de nombreuses choses se produisent en même temps et des activités qu'elles génèrent». Même si les neurosciences peinent à mesurer tous les effets du multitasking sur le cerveau, il est clair que l'habitude prise de diviser son attention en plusieurs tâches simultanées a des conséquences sur la manière d'apprendre, de raisonner et de comprendre le monde… «Les esprits curieux sont gourmands et de plus en plus insatiables. En surfant sur de multiples sujets, le risque est d'aboutir à des apprentissages superficiels, sans approfondissement. Il est impératif d'aider les jeunes à reprendre conscience de l'importance de se concentrer sur une seule tâche, spécialement lorsqu'elle est compliquée.» S'adapter à un monde complexe est une bonne chose. Mais à l'heure où tout va toujours plus vite, les jeunes ont tendance à perdre la notion du temps et de la durée. «Il est de plus en plus difficile de capter durablement leur attention, reconnaît l'enseignant québécois. Ils perdent l'habitude d'attendre la réponse aux questions qu'ils viennent de poser.» " Dixit le journaliste Pierre Chambonnet. (www.letemps.ch, 16/09/06)

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15.9.06

Vigilance concernant les jeux dangereux

" Depuis 1995, 206 enfants en sont morts dans le monde. Cela touche les jeunes entre 4 et 21 ans, les garçons principalement. Il existe plus de 90 jeux dangereux : du pendu, du foulard ou encore celui du " happy slapping " (gifle ou agression filmée par téléphone portable, NDLR.) dont en parle beaucoup en ce moment. Il faut savoir que 68% des enfants connaissent au moins un de ces jeux. " Dixit Magali Duwelz, qui a perdu un fils d'un de ces jeux et qui publie en cette rentrée " Alerte aux jeux dangereux ". Rappel d'actualité. (tf1.lci.fr, 11/09/06)

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17.8.06

Internet va-t-il bousculer l'école ?

Nous avions déjà évoqué ici les résultats de cette enquête concluant que, malgré les nouvelles technologies, les jeunes américains s'ennuyaient ferme. Jean-Michel Demay revient sur le sujet dans sa dernière chronique dans Le Monde. " On voit d'ici, pour les pédagogues, les arguments susceptibles de nourrir la nouvelle querelle de modernes et d'anciens. Les premiers miseront sur la spontanéité et la créativité d'une jeunesse zappante et curieuse, intuitive et visuelle. Les seconds déploreront la disparition de la constance et de l'effort, la dispersion de l'attention, la perte de concentration, de temps, de productivité et l'accroissement de la fatigue engendrée par cette quête d'échappement à l'ennui. Bref, l'absence d'approfondissement soutenant la réflexion. Les premiers souligneront que les jeunes préfèrent apprendre en expérimentant tous azimuts plutôt qu'en suivant un enseignement linéaire. Les seconds plaideront que l'apprentissage est nécessairement progressif, organisé par séquences. Dans sa lettre d'information de juin, la cellule de veille scientifique et technologique de l'Institut national de recherche pédagogique (INRP) estime que " l'école doit accomplir une rénovation radicale " au regard de ces changements comportementaux. Car " ce qui est proposé aux adolescents paraît dénué d'intérêt, fade, en proportion (notamment) des possibilités offertes sur le Net ". A trois semaines de la rentrée, qu'en disent les enseignants ? " Bonne question. (lemonde.fr, 15/08/06)

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