29.1.08

Dur retour à la réalité

Cette indiscrétion révèle que Dominique de Villepin est contraint de vendre sa collection de livres sur Napoléon, glanée pendant trente ans, pour faire face à ses frais d'avocat dans l'affaire Clearstream. Dur retour à la réalité pour cet homme qui n'était pas un politique. Pas étonnant que les "vrais" hommes politiques s'accrochent souvent à leur poste : c'est leur métier et leur gagne-pain.

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21.12.07

Le décevant Sarko-Show

Je ne peux que vous encourager à lire le dernier édito de Gérard Courtois dans Le Monde consacré au style Sarkozy. Tout est dit...

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12.12.07

Réforme de l'Etat : c'est parti !

Extrait de l'éditorial de ce jour du Monde, qui évoque la réforme la plus importante dont la France a besoin :

"C'est devenu, depuis une bonne vingtaine d'années, l'une des rengaines les plus connues des discours et des engagements de campagne. François Mitterrand et Michel Rocard, Jacques Chirac, Jean-Pierre Raffarin ou Dominique de Villepin l'ont dit et répété : il faut réformer l'Etat, le moderniser, améliorer son fonctionnement et son efficacité, l'adapter en profondeur aux évolutions de la société française. Depuis vingt ans pourtant, et si l'on excepte des réformes sectorielles comme celles des télécommunications ou de l'armée, rien n'a bougé en profondeur : le système administratif français a continué à se déformer sans réellement parvenir à se réformer.

A son tour, Nicolas Sarkozy a décidé d'ouvrir ce chantier. Déjà dressé par d'innombrables rapports, son diagnostic est sans surprise : un Etat trop lourd, un appareil administratif trop complexe, un empilement de structures territoriales et de réglementations paralysantes et, au total, un système trop coûteux pour des finances publiques lourdement endettées. Personne ne dira le contraire. Chacun admet qu'une réforme en profondeur est indispensable, urgente même.

Les solutions que le président de la République et le gouvernement préconisent sont à la hauteur de l'enjeu : ils entendent en effet redessiner toute l'architecture des services de l'Etat, à la fois au niveau central (en redéfinissant le périmètre, les missions et l'organisation de chaque ministère) et au niveau territorial (en faisant de la région - et non plus du département - le niveau de droit commun des politiques publiques). Autant dire une quasi-révolution dans un pays qui a laissé, depuis des décennies, se sédimenter les statuts des fonctionnaires (on en compte plus de 600 pour la seule fonction publique de l'Etat) et s'enchevêtrer les échelons administratifs locaux (communes, structures intercommunales, départements et régions, sans compter l'Europe et ses politiques structurelles)..."

Source : Le Monde, 12/12/07

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29.11.07

7 principes capitaux pour renouveler la politique

Anthony Giddens est l'inventeur de la "troisième voie" mise en œuvre par les Travaillistes en Grande-Bretagne et l'inspirateur de Tony Blair. Dans le nouveau contexte mondial, il estime qu'il faut encore aller plus loin, dans son pays comme en France :
"Avec les nouveaux bouleversements de la mondialisation, le programme des travaillistes doit aller plus loin. Après avoir abandonné le keynésianisme, il doit apporter une réponse aux délocalisations, qui n'épargnent désormais aucun secteur d'activité. Notre système de protection sociale doit être défini aussi de manière plus positive : au-delà de la protection contre les risques liés à la santé et au chômage, il doit intégrer le droit à la formation et l'accès aux nouvelles technologies. Face au vieillissement de nos sociétés postindustrielles, il faut permettre aux seniors de rester dans la vie active afin que le pays bénéficie de leur expérience. D'urgence, il faut prendre en compte les problèmes d'environnement et le réchauffement climatique. La puissance publique doit redéfinir ses objectifs essentiels : investir dans le capital humain, garantir un système éducatif de qualité, protéger le multiculturalisme. Ces nouvelles priorités valent pour la Grande-Bretagne comme pour la France. (…) Je choisis sept principes capitaux. 1) Continuer à mettre l'accent sur l'économie en la maintenant ouverte et en supprimant tout ce qui fausse la concurrence. 2) Occuper le «centre». Ce centre n'est pas défini par les partis, mais par les électeurs qui, en majorité, se disent proches de lui. C'est ce centre qu'il faut séduire et déplacer vers la gauche. Gouverner au centre ne veut pas dire se livrer à des calculs électoraux et politiciens, mais définir un «compromis» dépassant les vieux clivages et débouchant sur un contrat entre l'Etat et le citoyen. 3) Donner la priorité à l'éducation. 4) Intensifier notre combat contre la pauvreté, qu'elle ait pour cause des revenus insuffisants ou l'absence de formation. 5) Privilégier la lutte contre le crime et les comportements antisociaux qui peuvent être provoqués par l'extrême pauvreté. 6) Ouvrir le pays aux immigrants, mais en en régulant les flux. 7) Lutter contre le terrorisme."
Source : nouvelobs.com, 22/11/07

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2.11.07

Il n'y a plus de récit-vision pour la France

L'historien Christian Delporte, auteur de "La France dans les yeux - Une histoire de la communication politique de 1930 à nos jours" :
"La dernière campagne présidentielle s'est résumée à un récit de la vie quotidienne. Non seulement nous n'avons entendu à aucun moment de récit-vision qui évoque "la France dans vingt ans", comme un de Gaulle pouvait en prononcer dans le passé, mais 2007 a signé l'apothéose du "candidat en homme ordinaire" - celui qui dit: "je gouverne non plus parce que j'ai la légitimité historique, mais parce que je suis comme vous". Or la démocratie fonctionne bien lorsqu'on distingue précisément la place de chacun."

Source : Télérama, 17/10/07

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16.10.07

Rama Yade, un phénomène ?

Le Point fait cette semaine sa une sur Rama Yade et commence son article en ces termes :
"« Quelle matière... ! » Pour un peu, Jean-Louis Borloo en aurait le souffle coupé, rien que d’en parler. « Mon instinct à moi, c’est qu’elle a une grosse densité ! Ça n’a rien à voir avec sa beauté ou sa couleur. Elle a de l’envergure. » Jérôme Peyrat, conseiller parlementaire de Nicolas Sarkozy, verse carrément dans le lyrisme : « Cette fille est un diamant. De la matière brute impeccable. Alors après, bien sûr, il faut la tailler. » « Je ne dis jamais ça de personne, mais elle est impressionnante », s’enflamme Frédéric Lefebvre, l’ancien lieutenant de Sarkozy devenu député des Hauts-de-Seine. « On ne le sait pas encore parce qu’aujourd’hui elle veut rassurer, montrer qu’elle n’est pas un gadget, mais très vite elle va ensorceler tout le monde, si ce n’est déjà fait, prédit Joseph Zimet, son époux. Elle est une des valeurs sûres de la droite des prochaines décennies. Je crois qu’on en a pris pour trente ans ! » Délire collectif ? Envoûtement tout-puissant ? Peut-être, mais nulle autre qu’elle ne provoque pareil dithyrambe. Elle, elle, elle. Ramatoulaye Yade, noire, très noire, belle, très belle, « sénégaulloise » de 30 ans, 1,77 mètre, promue secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme en juin dernier."
Une pépite à suivre ?
Source : lepoint.fr, 11/10/07

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9.10.07

Sarkozy à peine croyable

Promis, la pépite suivante est un des confidentiels du Point d'hier et pas un extrait du site 1001 blagues :
"Après être descendu sur la pelouse du Millenium de Cardiff pour féliciter Bernard Laporte, le président de la République a voulu se saisir du drapeau tricolore pour faire le tour du stade. Il a fini par y renoncer, convaincu par son service de sécurité qu'une telle démonstration pouvait comporter des risques."
Et à mon sens, pas que des risques physiques...

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22.9.07

Nicolas Sarkozy en rédacteur en chef de la France

Dans son éditorial de Libé, Laurent Joffrin évoque hier la Sarkoverdose et le trouble des médias face à l'omniprésence du président. Pour faire face, il invite à appuyer sur pause et à mettre en rapport les actes et leur résultat. De son côté, le Nouvel Obs fait sa une sur le "Président cannibale". Tout un programme...

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10.9.07

Le président est devenu le paramètre essentiel de la vie politique

Le philosophe et historien politique Marcel Gauchet analyse le phénomène Sarkozy :
"Au-delà de Sarkozy, l'élection présidentielle a montré à quel point les Français attendaient de croire de nouveau à la politique, d'investir en un homme susceptible d'incarner le pouvoir présidentiel tel qu'ils l'imaginent. L'imaginaire présidentiel est devenu le paramètre essentiel de notre vie démocratique. C'est la seule chose qui intéresse les citoyens, comme on l'a vu avec le désintérêt suscité par les législatives. Le président est porteur d'une attente très forte; ce qui rend son rôle déterminant dans l'esprit des citoyens, au-delà de la lettre des institutions, et concentre toute l'attention sur sa personne. Finalement, la rupture sarkozyenne, c'est lui-même. Ce n'est pas tant la politique qu'il fait que sa manière d'être le pouvoir. D'autant plus que l'on avait atteint le stade de la désespérance collective sous la présidence Chirac."
Source : lexpress.fr, 23/08/07

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29.8.07

Quand l'étude du bonheur guide les gouvernements

Au début de l'été, mille économistes de l'OCDE ont travaillé à Istanbul sur la définition d'une mesure du bonheur. Ils ont établi une échelle de 1 à 10 pour calculer le Bonheur National Brut. Pour situer le niveau d'un pays, ils agrègent les réponses données par la population à la question : "Etes-vous satisfait de votre vie ?" Le Danemark arrive en tête avec une note de 8,2 sur 10, tandis que la France est 39ème avec 6,5 sur 10. Le but des chercheurs est de véritablement fournir un indice pouvant orienter les décisions gouvernementales.
Source : www.capital.fr, 06/07/07

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Pour suivre le président à la trace

Si vous doutiez encore de l'activisme du président Sarkozy, jetez donc un œil à la Sarko Map du journal 20 Minutes...

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25.8.07

Avenir

" Un avenir, cela se façonne, un avenir cela se veut. "
Dixit Raymond Barre. J'ai toujours eu un grand respect pour cet homme, qui est sans doute celui qui m'a intéressé à la politique. Je l'ai trouvé clair, franc, ambitieux pour la France et donc rare.

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29.3.07

Les quatre qualités indispensables du prochain président

Le grand reporter de Time Magazine à Paris Peter Gumbel et sa vision de la campagne politique actuelle :

" Si j'étais Français et pouvais voter à l'élection présidentielle, je ne serais trop impressionné ni par les photos des candidats en maillot de bain ni par les fluctuations quotidiennes des sondages. Je préférerais une vision cohérente de l'avenir de la France aux mille propositions parfois contradictoires. J'aimerais savoir en détail comment toutes les promesses seraient financées. Surtout je chercherais quatre qualités chez les candidats qui sont pour moi indispensables. Le prochain président en aura besoin pour sortir la France de son état de déprime actuel et pour faire prospérer de nouveau ce beau pays. La première qualité est l'ouverture d'esprit. La France en a cruellement besoin. Les débats politiques dans ce pays sont souvent trop théoriques, voire idéologiques. (…) La deuxième qualité que je chercherais, c'est la responsabilité fiscale. C'est mon argent que le nouveau président dépensera, et j'attends qu'il ou elle le fasse avec le même soin que je le ferais moi-même. (…) Troisième qualité, c'est une éthique personnelle de très haut niveau. Malheureusement cela n'a pas été le point fort des présidents récents. Si j'étais Français, je voudrais que mon prochain président agisse dans l'intérêt du pays au lieu de son intérêt propre. (…) La quatrième qualité, c'est la capacité éprouvée à résoudre les problèmes d'une manière efficace. Les Français se méfient du changement, donc la façon de les introduire est primordiale. "
Il est toujours intéressant de prendre un peu de recul avec le regard avisé d'un étranger observateur. (La Croix, 24-25/02/07)

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15.3.07

Quand les mots sont séparés des actes

Jean-François Deniau, récemment décédé, dans son dernier livre " Survivre ":

" La forme la plus moderne du mensonge est ce que les spécialistes appellent l'effet d'annonce. Réfléchissons : cela veut dire que les conséquences de ce qu'on a dit ne comptent pas, puisque c'est le fait de l'avoir dit qui est seul intéressant et peut rapporter des points dans les sondages. Tout engagement à long terme est bafoué. Toute politique de vérité devient fausse. L'immédiat a gagné. Les mots, séparés des actes, triomphent. Victoire des démons. Le messager du mal aujourd'hui s'appelle "effet d'annonce". "
(cité par une lectrice de Télérama dans le courrier des lecteurs, 14/02/07)

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9.3.07

Ces hommes politiques qui cherchent à survivre

Philippe Séguin, ancienne figure de la droite française, aujourd'hui à la tête de la Cour des comptes : " Dès lors qu'on est rééligible, il faut survivre. Pour survivre, il faut se faire aimer, choquer le moins possible. C'est pesant. A la Cour, je peux être moi-même. " Voilà une bonne définition de l'homme politique qui cherche à survivre à tout prix. Le même Philippe Séguin dit aussi ceci de la vieillesse : " La vieillesse ne correspond pas à l'idée que je m'en faisais. Ce n'est pas une mutation mais une érosion. Le physique décline mais on reste le même. " (La Croix, 25/02/07)

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8.3.07

Les oubliés de la campagne présidentielle

Antoine Waechter est le pionnier de l'écologie politique en France : il avait obtenu 3,78 % des suffrages au premier tour de l'élection présidentielle en 1988. Il a quitté les Verts en 1994 pour fonder son propre parti, le Mouvement écologiste indépendant. Depuis, on n'entend plus parler de lui. Il a échoué à réunir les 500 signatures nécessaires en 1995 et 2002. Saviez-vous qu'il était actuellement en campagne pour cette élection ? (La Croix, 23/02/07)

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23.2.07

Les mots de Nicolas Sarkozy

L'écrivain Thomas Roussot analyse le langage de Nicolas Sarkozy : " Entre tension caporaliste et dispositif marketing, agrémentée de quelques transitions passe-partout à base de « faut que", "je n’accepte pas que", "je veux que » et autres « y’a », cette langue sarkozyste est avant tout claire, tranchée, incisive, toujours offensive. En un mot comme en cent : performante. Son flux est véloce, rapide, aéré par peu de silences, ne cherchant ni la subtilité ni la complication « inutile ». Il se veut économe pour toucher au plus vite la cible réceptive qu’est l’auditeur. Plus encore à l’écrit : « D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu agir. » (p. 7, Témoignage, XO Editions). La structure de ses phrases est souvent binaire, facilitant l’accès du lecteur. Leur tempo est vigoureux. « Dans mon esprit la parole, les idées, la communication n’ont de sens que dans la mesure où elles permettent et surtout facilitent l’action... ». Il le revendique donc, son langage est d’abord à la recherche d’un effet rapide et concret, pouvant sauter par-dessus l’intelligence laborieuse des phénomènes, leur complexité, pour accéder directement à des « solutions » et des actes. Conception très anglo-saxonne, rompant bel et bien avec une certaine tradition française plus discursive et didactique. Qu’importe, il ne craint pas les ruptures, bien au contraire, il les vante, sous-tendu par ce volontarisme qu’il n’hésite pas à exhiber assez impudiquement ce qui est également neuf en France. « J’ai plein de cicatrices. Pour aller là où je veux aller, il faut plein de cicatrices. La décision importante, c’est de choisir d’aller là-haut. » (Vichy- 21 juillet 2004). Son principal écueil étant lié à sa force, ce langage inquiète tout en exaltant, son énergie symbolique laisse une impression de dangerosité, de conflits liés à cette faculté de heurter par des choix perçus comme trop tranchés, trop sûrs d’eux-mêmes. Il fait écho à une attente doublée d’une crainte, attente de choix clairs et assumés, crainte de leurs retombées effectives. " (agoravox.fr)

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14.2.07

Politique locale : une confortable irresponsabilité

L'élu local alsacien Jo Spiegel et sa vision de la décentralisation : " Je suis persuadé qu'il faut travailler à la refonte de l'organisation des pouvoirs locaux. La décentralisation, qui devait être une nouvelle donne dans l'action publique, est devenue un épouvantail pour une majorité de nos concitoyens. Elle s'est construite, actes un et deux confondus, sur la base d'une architecture institutionnelle archaïque. On a empilé les institutions et les compétences. Toutes les collectivités ont légalement la compétence pour s'occuper de tout. C'est un système d'une grande opacité et d'une confortable irresponsabilité. Personne n'est responsable de rien. C'est comme si on jouait un match de foot sur plusieurs terrains. " (L'Alsace, 07/01/07)

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" Nous vivons dans des démocraties molles "

Un lecteur du site marianne2007.info, Etienne Jacquemot, dans le forum du site : " Il est temps pour nous, citoyens des pays «développés» de nous rendre compte, et d'accepter, le fait que nous vivons dans des démocraties molles, et que cette « mollitude », (il fallait pas commencer !), est très probablement consubstantielle à nos systèmes démocratiques. La mollitude, ça n'est pas la mollesse, et ça n'a rien à voir avec l'immobilisme de l'inaction, la mollitude c'est ce qui résulte de la prise en compte permanente de l'écheveau, en perpétuelle complexification, des besoins (et des revendications) des uns et des autres. C'est en quelque sorte, la quintessence de la démocratie, ce vers quoi elle tend fatalement : une entropie infinie. Une société à entropie nulle, dans laquelle les décisions sont aisées à prendre, dans laquelle il n'y a que peu de place pour l'incertitude, dans laquelle tout est noir ou blanc – plus souvent noir d'ailleurs – et dans laquelle les dirigeants sont rarement taxés de « mollesse », ça existe, ça s'appelle la dictature. Le choix qui s'offre à nous est donc assez simple sur le principe, accepter de vivre au sein une société dans laquelle la prise de décision est de plus en plus complexe et fait de plus en plus appel au « compromis » ou redescendre l'échelle de la complexité et donner le champ libre à la dictature. Dans la pratique, ce choix, qui semble si évident à faire, réclame pourtant beaucoup d'efforts de la part de chacun – de plus en plus d'efforts au fil du temps – car rien n'est plus difficile en fait, que d'accepter les compromis, c'est difficile d'apprendre qu'il va falloir payer plus, « toucher » moins, cotiser plus… pour toucher moins, parce que le voisin est encore plus mal loti que vous. Mais nous le savons bien au fond, nous n'avons pas le choix, la seule alternative est le retour à la barbarie. " Pas d'accord sur la fin, mais l'analyse initiale est intéressante. (marianne2007.info, 13/02/07)

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6.2.07

Le mystérieux effet Teflon en politique

Le journaliste Jacques Buob au sujet des bourdes en politique : " Il ne faut pas oublier une constante en politique : les bourdes ne tuent pas. Le président français en est la preuve vivante lui qui, huit ans après la chute du Mur, se trouvant en visite officielle à Saint-Pétersbourg, harangua les Russes d'un « Vous, les Soviétiques… » et se réjouit de se trouver dans « cette belle ville de Leningrad ». On pourrait en ajouter d'autres, c'est un florilège. (…) D'autres gaffeurs invétérés ont résisté sans dommage à toutes les énormités qu'ils ont pu proférer. Ronald Reagan, spécialiste du genre, a été l'inventeur involontaire de ce que les commentateurs ont appelé " l'effet Teflon ", expression qui est devenue depuis une constante dans la vie politique américaine. Comme chacun sait, une poêle à frire recouverte de ce matériau miracle n'attache pas. Reagan pouvait bien porter un toast au peuple bolivien au cours d'un voyage officiel au Brésil, piquer du nez pendant une entrevue avec Jean Paul Il ou affirmer que « les arbres provoquent plus de pollution que les voitures »... rien n'y faisait. Sa popularité ne faisait que grimper. (…) George W. Bush maintenant. Citons cette lumineuse analyse géostratégique (Iowa Western College, 21 janvier 2000) : « Dans mon enfance c'était un monde dangereux et on savait exactement qui ils étaient. C'était nous contre eux, et eux, c'était clair qui ils étaient. Aujourd'hui, on n'est pas trop sûrs de savoir qui ils sont mais on sait qu'ils sont là. » Bon… Plus tard, parlant des rapports américanogrecs, il affirma vouloir conserver de bonnes relations avec les « Gréciens ». Combien d'autres encore. Eh bien aucune conséquence fâcheuse : effet Teflon garanti. Ceux qui pensent que les bourdes ségoléniennes suffiront à la disqualifier ne doivent donc pas se réjouir trop vite. Il y en a comme ça qui peuvent se permettre tout (et n'importe quoi), l'opinion s'en fiche. Ça glisse… " (Le Monde 2, 03/02/07)

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