8.2.08

Nous sommes de plus en plus proches de la fourmi

Ollivier Dyens est professeur à Montréal et auteur de "La Condition inhumaine" chez Flammarion :

"Aux questions essentielles que l'homme se pose depuis la nuit des temps - Qui suis-je ? D'où venons-nous ? -, la science et la technologie apportent des réponses qui, de plus en plus, contrarient ce que disent nos sens et notre esprit. C'est cette tension croissante entre notre réalité biologique et notre réalité technologique qui provoque ce que je qualifie de " condition inhumaine ". Depuis toujours, nous avons considéré les outils et les langages comme des structures qui existaient pour répondre à nos besoins. Il est vital de repenser cette relation. (…)

Nous risquons d'aboutir, dans un avenir plus ou moins proche, à un monde polarisé, manichéen, violent, dans lequel la majeure partie de l'humanité se retrouvera en décalage complet avec le monde des représentations, des idées, des théories et de la culture. Un monde de frustrations et de désespoir issu d'une nouvelle aliénation : celle de la connaissance. Ce risque est déjà à l'oeuvre : nous avons une difficulté grandissante à distinguer clairement l'information de sa synthèse - autrement dit de la connaissance. Pourquoi ? Parce que la culture générée par les machines nous dépasse. Pour utiliser une image maritime : la quantité d'informations présentes sur le Net est un océan, mais nous ne connaissons pas l'art d'y naviguer. Il apparaît de plus en plus que rester à la surface de cet océan - " surfer " - est devenu une question de survie. Mais l'humain navigue encore à l'ancienne, tant la connaissance nous semble liée à l'idée d'approfondissement. La surface et le fond : il va nous falloir apprendre à concilier ces deux notions. (…)

Les moyens de communication qu'offrent à l'humanité les réseaux numériques instantanés semblent posséder un objectif principal : nourrir, ou créer une cohérence globale. Un blog acquiert sa légitimité s'il est recensé dans d'autres blogs, et le premier site qui apparaît dans Google est celui qui est " hyperlié " par le plus grand nombre de sites... Cette légitimation par la collectivité porte ses dangers : elle se défend contre l'individuel et fait peu de cas de ce qui est hors norme ou marginal. Mais elle représente aussi un potentiel formidable, qui change profondément notre relation au monde. L'humain de la condition inhumaine est bien plus proche de la fourmi - qui vit, existe et comprend l'univers par l'entremise de sa collectivité - qu'il ne l'est d'un individu autonome, conscient et singulier."

Source : Le Monde, 27/01/08

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5.2.08

Quand réalité et fiction se confondent

Ces deux témoignages en disent long sur la guerre des gangs dans les grandes villes anglaises :

Le commandant Shaun Sawyer, l'un des chefs de l'anti-gang de Scotland Yard : " La violence des batailles de gangs à Londres a toujours existé, mais c'est leur intensité qui est nouvelle. Les jeunes criminels portent non seulement des couteaux à longue lame, des cutters ou des hachettes mais aussi des revolvers pour défendre un prétendu territoire, comme si c'était la seule chose au monde qu'ils possèdent. "

Harry Fletcher, responsable du syndicat des éducateurs sociaux : "C'est Orange mécanique. Ils pensent jouer dans un film de gangsters. Ils ne parviennent plus à faire la distinction entre la réalité et la fiction."

Source : Le Monde, 08/01/08

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31.1.08

Nous sommes trop contents de nous

Aviad Kleinberg est un des plus grands historiens des religions, professeur de l'université de Tel-Aviv. Il vient de publier « Péchés capitaux » au Seuil. Il évoque le triomphe des droits sur les devoirs dans notre société :
"Pour l'utopie libérale, le seul objectif qui vaille est la quête du bonheur, défini par la consommation de biens marchands. Tout ce qui s'oppose à cette activité sacrée (qui, grâce à la « main invisible », bénéficie à l'ensemble de la communauté) doit être éliminé. Laissez faire ! Laissez passer ! Tant que vous n'interférez pas avec le plaisir d'autrui, faites tout ce qui vous chante. Dans un monde « idéal », les seules différences qui persisteront seront les différences de « goûts » (tu aimes Adidas et moi Nike). D'ores et déjà, nos produits, nos vies, et même nos passions, sont standardisés. Dans ces conditions, un système moral fondé sur l'intériorisation de la contrainte ne peut qu'aboutir à des frondes. Les gens prêts à payer le prix fort pour le respect de leurs valeurs sont des consommateurs politiques avertis et soupçonneux. Mais notre culture a besoin de consommateurs passifs, politiquement et moralement indifférents. Orwell s'est trompé : « 1984 » est passé et nous ne voyons rien qui ressemble à son enfer stalinien. En revanche, nous nous rapprochons un peu plus chaque jour du « Meilleur des mondes » de Huxley. Faut-il le déplorer ? Difficile à dire. Si on est attaché à la liberté, la réponse est oui. (…) Délivrés de la culpabilité, nous ne considérons plus le corps et la matière comme les ennemis de nos âmes. En dépit de notre hédonisme et de notre narcissisme, nous prétendons être aussi moraux, voire plus. Bref, nous voulons la même chose pour moins cher, ce qui révèle le vice que je trouve le plus exaspérant aujourd'hui en Occident-la bonne conscience. Nous sommes très contents de nous. Trop contents."

Source : lepoint.fr, 17/01/08

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30.1.08

Le triste phénomène de la prostitution étudiante

La sociologue Eva Clouet vient de consacrer un livre au phénomène de la prostitution étudiante : "La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies de communication". Cette parution intervient après la sortie du livre d'une étudiante qui témoigne à ce sujet. Triste époque que la nôtre, quand vouloir étudier oblige au pire.

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29.1.08

Ainsi va le monde

Au fil des infos aujourd'hui :

  • Alors que vous et moi sommes relancés au moindre découvert, la troisième banque française a perdu 5 milliards d'euros en ne détectant pas les pratiques d'un trader junior : on se moque de nous.
  • Ce jeune trader anonyme est devenu connu de tous en quelques heures : exemple d'une fulgurance médiatique. Les blogs se régalent...
  • Danielle Mitterrand devrait retirer 80.000 € de la vente ce jour des effets personnels de François Mitterrand, dont son écharpe rouge et son chapeau noir : une page d'histoire se tourne modestement.
  • Le Kenya était encore il y a peu une belle destination touristique : les images des atrocités qui s'y déroulent suscitent l'indignation.
  • Fumer un pétard revient à fumer 20 cigarettes : vous voilà prévenus !

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22.1.08

La famille se fabrique en mangeant ensemble

Le sociologue Jean-Claude Kaufman vient de publier "Familles à table". Il évoque le rôle essentiel de la cuisine dans nos vies :
"Il y a deux tendances contraires. D’un côté, le grignotage gagne du terrain. De l’extérieur, tout le monde critique mais c’est une pratique qui est commode, qui assure une forme de liberté individuelle. Mais, plus cette tendance se développe, plus on a envie du contraire : faire de vrais repas, ceux qui vont forger le lien social. Quand il est difficile de se réunir le soir, comme dans les grandes villes, la famille se rattrape le week-end ou pendant les vacances. Ce moment est alors très fort d’un point de vue symbolique. La famille se fabrique en mangeant ensemble. On se met en cercle autour de la table, c’est vraiment le cercle familial. (…) En moyenne, un repas sur deux est pris devant le poste. Mais, l’usage de la télévision n’est pas forcément négatif. Lors du repas, il peut y avoir beaucoup d’agacements. La télévision sert alors de soupape pour éviter les tensions. De plus, elle comble le silence lorsque les parents dînent et que les enfants sont couchés. Elle permet de nourrir les conversations. On commente l’actualité ensemble et on se définit ainsi des valeurs communes. Tant qu’on gère l’instrument c’est bien, mais souvent elle dévore tout. On augmente le volume sonore et on abandonne le face à face. (…) Les architectes d’intérieur redécouvrent cette pièce. Après avoir tenté d’imposer le modèle de la cuisine américaine, ils repensent la cuisine comme une pièce chaleureuse. La cuisine est redevenue tendance."
Source : www.metrofrance.fr, 21/12/07

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Les jeunes Français pessimistes

Une enquête internationale auprès de 20.000 jeunes vient de montrer que les 16-29 ans en France sont les plus pessimistes quand à leur avenir. A peine devant eux, les Anglais.

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11.1.08

Quizz

Qui peut répondre sans aide à cette question : qui sont Valérie Létard et Alain Marleix ? Réponse dans les infographies de cet article, qui vaut le détour.

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4.1.08

Nous rêvons d'être des magiciens

Philippe Meirieu, dans sa chronique de la semaine :

"Certains ont cru que le développement de la science et des techniques, les progrès spectaculaires dans la connaissance du monde, la multiplication des échanges et l'explosion des moyens de communication allaient entraîner un recul, voire une disparition, de la pensée magique. Or, c'est tout le contraire qui se passe : notre monde ne connaît pas seulement - comme l'avait prévu Malraux - un retour de la religiosité et une montée des fanatismes intégristes, il montre une véritable fascination pour toutes les formes d'ésotérisme, d'occultisme et de sorcellerie. (…) Les adultes « normaux» que nous sommes succombent eux aussi souvent à la tentation de la magie. Passons sur l'importance sans cesse grandissante des horoscopes et autres prévisions astrologiques, passons sur la montée de la numérologie et autres techniques divinatoires… et attachons-nous simplement au débat public, aux discours politiques comme aux discussions professionnelles. On y trouve une constante : il faut sans cesse s'excuser de ne pas être magicien ! Implicitement, nous attendons, en effet, de ceux qui ont du pouvoir qu'ils soient capables de transformer le monde par la vertu de leur seule parole. Nous rêvons d'être des magiciens et de concrétiser nos désirs par le miracle de notre seule pensée. Au point que nous finissons par développer une croyance collective à la « com » : nous confondons l'habileté du propos et la réalité du travail. Plus la peine de faire, il suffit de dire et d'y penser très fort ! En cette période de souhaits et de vœux, il faut peut-être rappeler que, si ces derniers sont infiniment utiles pour dégager l'horizon, ils ne nous exonèrent en rien de l'effort quotidien pour se coltiner la complexité des choses… sans baguette magique."

Source : La Vie, 03/01/08

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21.11.07

Réduire d'un tiers la pauvreté en cinq ans

A quelques jours du Grenelle de l'insertion Martin Hirsch, le Haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, dresse le cadre :

"Nous sommes rattrapés par les questions de pauvreté et d'exclusion. Pendant des décennies, on a dit: ceux qui sont moins productifs, moins rentables, mieux vaut les envoyer à la périphérie. Mais, maintenant, les acteurs du secteur économique s'aperçoivent que cette attitude ne fonctionne plus. Pour trois raisons: le poids des charges des exclus pèse sur eux, ils ont aussi besoin d'eux pour consommer et ils font face à une situation paradoxale avec un besoin de main d'œuvre et un chômage de masse sans qu'il y ait adéquation entre les deux. Pour éviter que les acteurs ne se renvoient indéfiniment la balle, il faut y remédier tous ensemble. D'où l'intérêt de cette concertation et, pour que ce ne soit pas un Grenelle en l'air, le président de la République a fixé un objectif: réduction d'un tiers de la pauvreté en cinq ans. Et comme pour le Grenelle de l'environnement, tout ce sur quoi il y aura consensus sera mis en œuvre."

Source : Paris-Match, 15/11/07

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15.11.07

Un drame qui en dit long

Ce fait-divers avait peut-être attiré votre attention comme la mienne. C'était le 28 septembre dernier : on retrouvait les quatre membres d'une famille, les parents et les enfants, pendus dans leur maison près de Calais. Leur testament mentionnait cette phrase : "On a trop déconné". Derrière ces mots, la Police s'attendait à tout. A l'issue de l'enquête, elle n'a rien découvert. Cette famille discrète et sans histoire n'avait rien à se reprocher. Elle semble juste s'être retrouvée "au bout du rouleau", sans issue. L'histoire d'un drame qui en dit long sur le niveau de détresse et de désespoir dans lequel peuvent se retrouver des gens ordinaires.

Source : L'Express, 08/11/07

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9.11.07

Ecrire pour de vrai

Dans sa dernière chronique, Philippe Meirieu évoque la crise de l'orthographe chez les jeunes comme les adultes :

"De nombreux adultes, qui ont appris l'orthographe selon les méthodes traditionnelles, à une époque où les SMS n'existaient pas, se mettent à faire les fautes, y compris sur des points qu'ils connaissent parfaitement : la distinction des terminaisons -é/-er en est un bon exemple. Tout le m0nde peut réciter la règle élémentaire qui permet de les distinguer… et, pourtant, beaucoup font la faute aussi bien à l'occasion de courriels que de textes manuscrits. (…) Le vrai problème n'est donc pas que nos enfants utilisent des abréviations ou négligent l'orthographe dans leurs communications immédiates, il réside dans le fait que ce type de communication devient hégémonique. La crise de l'orthographe en cache une autre, bien plus préoccupante : la crise du désir d'écrire « pour de vrai », de vrais courriers que l'on prend le temps de relire et de peser, et dans lesquels on cherche à atteindre une forme de perfection…"

Source : La Vie, 01/11/07

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8.11.07

Cette éthique universelle du respect de l'autre

Frédéric Lenoir, directeur du Monde des religions, publie un nouvel essai : "Le Christ philosophe". Il aborde le caractère universel du message évangélique. Extraits :

"En dépit de toutes sortes de déviations qui lui ont été imposées au cours des siècles, la philosophie du Christ a réussi à imprégner profondément la civilisation occidentale jusqu'à modeler les valeurs phares de notre monde. (…) Nous restons imprégnés, bien souvent sans en avoir conscience, par ce christianisme devenu invisible. (…) Il repose certes sur une forme séculière de transcendance qui fonde nos valeurs… mais on n'a pas encore trouvé mieux pour légitimer et tenter de mettre en œuvre une éthique universelle du respect de l'autre. À moins, et pourquoi pas, de haïr comme Nietzsche l'égalité, l'amour du prochain, la fraternité ou la sensibilité à la souffrance d'autrui, je ne vois pas en quoi le message judéo-chrétien et ses avatars laïcs seraient si néfastes et par quoi on pourrait les remplacer de si merveilleux. Les yeux grands ouverts et la raison critique en éveil, assumons donc sereinement ce qu'il y a de bon et d'utile à l'homme dans notre héritage. Et admettons, même de manière provisoire, que nos idéaux aient encore besoin d'une forme quelconque de transcendance pour tenir debout. À tout prendre, ne vaut-il pas mieux une éthique humaniste issue du message judéo-chrétien que la barbarie ?"

Source : La Vie, 01/11/07


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2.11.07

Les terribles vagues scélérates

Vu ce soir ce reportage de Thalassa sur les vagues dites scélérates, ces vagues énormes que tous les marins espèrent ne jamais devoir affronter. Les scientifiques ont établi qu'il en survient plus qu'on ne le pensait. Les plus grandes atteignent 30 mètres de haut et sont précédées de creux vertigineux. Ces vagues pourraient expliquer un certain nombre de naufrages mystérieux. Les témoignages présentés étaient éloquents.

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6.10.07

Le boum de la Tecktonik

C'est la nouvelle danse à la mode dont on commence à voir des images un peu partout, et en premier lieu sur les sites de partage de vidéos. Pour la découvrir, lisez cet article de Wikipédia. Il colle à l'actualité puisque dès les premières lignes il est question du reportage qui a été fait sur la Tecktonik dans l'émission "Sept à Huit" du 14 septembre sur TF1.

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26.9.07

De l'influence du rock

L'ancien directeur artistique de Dior Homme, Hedi Slimane, au sujet de l'influence de la culture rock dans notre société :
" C'est sans doute ma culture, et une sorte de raccourci de mon enfance. C'est peut-être aussi une affaire de génération. En mode, les cycles sont artificiels, tout relève de l'épiphénomène, de l'improbable " tendance ". Il y a néanmoins des grands courants qui s'inscrivent sur la durée. C'est le cas avec l'omniprésence du rock. Je vis à Saint-Germain-des-Prés, et l'évolution dans mon quartier est frappante. Au début des années 2000, j'ai commencé à photographier une scène rock émergente. Après avoir habillé Bowie et Jagger, je me suis retrouvé impliqué auprès de jeunes groupes, les Libertines et les Franz Ferdinand. Très vite une nouvelle génération de fans est née. Mon style a été adopté, relayé par les musiciens de la nouvelle scène londonienne que j'ai habillés, en particulier Doherty. En juillet, au festival rock de Benicassim, en Espagne, j'ai photographié des centaines de fans. Je suis toujours frappé par la joie, l'innocence et l'optimisme de cette génération. Ce n'est pas l'engagement, ou la contestation du punk-rock de la fin des années 1970. Plutôt une sorte d'aspiration néoromantique. Les Français, les Russes, les Japonais, ou les Argentins, tous sont au diapason des Anglais. Il n'y a pas de mode véritable qui ne soit adoptée par la rue. Aujourd'hui, la propagation et l'appropriation des signes d'appartenance sont planétaires et instantanées. La nouveauté, c'est l'échelle digitale globale, et l'immédiateté. Le rock, relayé par Internet, a permis à une génération entière de s'affirmer, dans son périmètre de création, en inventant ses signes distinctifs, et un style. "
Source : Le Monde, 23-24/09/07

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18.9.07

Le plus important pour avoir une vie réussie

Retour sur les résultats d'un sondage paru cet été dans le mensuel Capital du mois d'août :

A la question de savoir ce qui est le plus important pour avoir une vie réussie, les Français répondent :

- à 78 % avoir une famille heureuse

- à 38 % avoir de vrais amis

- à 32 % vivre en conformité avec ses principes moraux

Les facteurs qui favorisent le plus la réussite :

- à 57 % la volonté, l'ambition

- à 56 % le courage

- à 34 % les principes moraux

Les trois personnalités qui symbolisent le mieux la réussite :

- à 35 % Sœur Emmanuelle

- à 35 % Nicolas Sarkozy

- à 33 % Zinedine Zidane

Enfin à 89 % les Français jugent qu'il est plus difficile qu'il y a vingt ans de réussir aujourd'hui pour un jeune.

Et pour vous qu'est-ce qui est le plus important pour avoir une vie réussie ?

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1.9.07

La carte postale fait de la résistance

Alors que 7 Français sur 10 ne peuvent plus se passer de leur téléphone portable et des SMS, alors que l'utilisation d'Internet se banalise, la France continue à produire 500 millions de cartes postales par an. Elle est née en 1873 en Autriche et n'a depuis cessé de se développer. Et elle semble encore avoir un bel avenir devant elle. Les cartes postales se collectionnent avec passion. Mais connaissez-vous un collectionneur de SMS ?

Source : Le Monde, 15/08/07

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29.8.07

Quand Mère Térésa doutait de sa foi

Vous avez sans doute entendu cette information concernant les doutes de Mère Térésa concernant sa foi. "Mon sourire est un masque" en vient-elle à dire. Je n'ai pas trouvé mieux que Bruno Frappat pour commenter le sujet :
" Peut-on croire sans jamais douter, aimer sans flottements? Les pseudo-révélations sur la "nuit spirituelle" subie par Mère Térésa raviront les soupçonneux, les sarcastiques: vous voyez bien, diront-ils, même Mère Térésa, glorifiée par l'Eglise, avouait secrètement qu'elle se sentait abandonnée de Dieu. Et qu'elle avait le sentiment de prier dans le vide... Mais voyons, d'où tient-on que la foi serait un fleuve tranquille, régulier, de sérénité égale, jamais à sec? Les plus grandes âmes ont connu la traversée de la nuit (ainsi Thérèse de Lisieux). Le Christ lui-même, figurez-vous, a douté: "Pourquoi m'as-Tu abandonné?". Certes, le doute nocturne n'est pas la garantie qu'on a la foi chevillée à l'âme. Et il est de ces nuits qui engloutissent tout. Il serait spécieux d'affirmer que l'épaisseur du doute est proportionnelle à la profondeur de la foi. Mais que celui qui n'a jamais douté jette aux autres la première pierre de ses certitudes. "

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26.3.07

Egalité hommes-femmes : la panne

La philosophe et sociologue Dominique Méda dénonce la dégradation de la situation professionnelle des femmes en France dans " Le deuxième âge de l'émancipation", qui vient de paraître. Elle explique :
" La dynamique d'égalité qui s'était mise en place à partir des années 1970 est totalement en panne ! Depuis le milieu des années 1990, du fait de la crise, la situation des femmes ne s'améliore plus. En 1962, 42 % des femmes de 25 à 49 ans travaillaient. Aujourd'hui, elles sont certes huit sur dix à travailler. Mais leur participation à l'emploi reste inférieure de 14 % à celle des hommes. Et surtout, elle a cessé de progresser depuis une dizaine d'années si on considère le taux d'emploi en équivalent temps plein, c'est-à-dire en tenant compte de la durée réellement travaillée. Le taux d'activité des femmes continue bien de croître mais le chômage - qui les touche davantage que les hommes - et le travail à temps partiel progressent encore plus rapidement. Du coup, l'activité des femmes stagne, qu'elles soient peu qualifiées ou même diplômées. Ce qui entraîne une série de conséquences négatives en termes de salaires et de retraite. "
(Le Monde 2, 10/02/07)

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