19.2.07

Le développement des phobies scolaires

Le chroniqueur Jean-Michel Dumay : " Il y a des gamins malades de l'école. Pas des petites peurs, des minauderies d'avant contrôle ou interrogation. De vraies "phobies scolaires". A déclencher des maux de ventre, à se faire du mal, à aller consulter son médecin de famille. Et plus, si gravité. On a pu lire cela, ces dernières semaines, dans les journaux qui ont consacré de l'espace au phénomène autrement baptisé "refus anxieux de l'école". Teemix, le "rendez-vous des jeunes filles" du site aufeminin.com, abonde de témoignages sur le sujet. Des structures prennent en charge les élèves concernés, parfois au carrefour de la pédopsychiatrie et du scolaire, comme à Grenoble, où le lycée Stendhal a développé une classe "passerelle", dont Le Parisien s'est fait l'écho en décembre 2006. Dans une communication à l'Académie de médecine fin 2006, le professeur Marie-Christine Mouren, pédopsychiatre spécialiste du sujet, estimait à 2 % les écoliers et collégiens susceptibles d'être touchés. Bien sûr, les causes sont à chercher dans les tréfonds de chaque âme adolescente ou enfantine : angoisse de séparation, phobie sociale, trouble de l'apprentissage. Mais l'une d'elles revient comme un leitmotiv, surestimée peut-être dans le cas de cette pathologie : la pression, la peur de l'échec scolaire, l'anxiété de performance. La "phobie", par son excès, symbolisant alors les cas extrêmes des travers de la société de compétition. Transmise de père en fils, de mère en fille, la crainte de l'échec, du déclassement, renvoie chaque enfant, livré à lui-même dans une société marquée par l'individuation, au dogme de la réussite. L'aspiration à celle-ci, parfois, est sans limite. Elle devient un but en soi, presque un impératif psychique : un idéal de perfection et d'excellence, un Graal, par définition inatteignable. On en saisit l'écueil, l'autre versant, son pendant angoissé : la crainte de n'être pas à la hauteur, de ne pas y arriver. Et chaque jour que le calendrier scolaire fait de subir, par le bulletin de notes, l'empreinte de sa (non ?) réussite chiffrée. " (Le Monde, 21-22/01/07)

Libellés :

Anonymous FrédéricLN a écrit...

Belle tirade sur le même sujet dans la pièce récente "Le meilleur professeur". Elle parle plutôt d'un lycée d'élite, mais ma femme, professeur en ZEP à l'époque, y reconnaissait parfaitement la pression que ressentent ses collégiens.

23/2/07 17:11  
Anonymous Anonyme a écrit...

Bonjour,
mon neveu est atteint de phobie scolaire et maintenant il est dans un centre spécialisé à Bruxelles où il est très bien soigné et évolue bien.
sa maman et moi voulons créer une association pour faire connaître cette phobie et nous recherchons des témoignages.
nous avons créé un blog dont voici l'adresse :
http://sourissette66.skyrock.com/
nous attendons vos messages et peut être un jour pourrons nous aider d'autres personnes.
Merci

27/5/07 19:05  

Enregistrer un commentaire

<< Page principale