4.2.08

Economie : les Trente Globales

Michel Cicurel, président du directoire de La Compagnie financière Edmond de Rothschild, estime que nous sommes devant une période de croissance globale de trente ans :
"La Compagnie financière Edmond de Rothschild n'a jamais hésité à s'engager nettement. Nous avons préconisé vivement l'investissement en actions dès 2003. Et l'an dernier, dans l'euphorie générale, nous avons annoncé la montée des périls. Pourtant, cette année, la plus grande humilité s'impose en matière de pronostics. L'économie américaine atterrit, et le «subprime crédit» continuera de générer des turbulences en 2008 comme il l'a fait depuis un semestre. Mais, au-delà de ces deux certitudes, que dire ? Il ne fera pas craquer le système global. Pour scruter pertinemment l'avenir, il faut admettre une fois pour toutes que nous vivons un «big-bang» de la planète économique et financière : c'est la première crise globale, qui réclame les premières solutions globales, dans le premier cycle long de croissance globale. Il faut réapprendre à lire en lettres globales. Et il serait injuste de railler la perplexité des prévisionnistes qui doivent ordonner les pièces innombrables d'un puzzle dont le modèle n'a encore jamais été vu. Comme ces météorologues toujours décriés, condamnés à maîtriser une réalité complexe, mais plus capricieuse encore depuis qu'elle est soumise à un bouleversement climatique majeur. (…) N'écoutez donc pas les augures qui vous afficheront des certitudes viriles pour 2008 ! Le monde découvre cahin-caha les règles de fonctionnement de la globalisation. Tout événement particulier, comme la pièce du puzzle, doit être replacé dans le contexte de la mondialisation dont on cherche maladroitement à deviner les contours. (…) Si 2008 est incertain, les années qui suivront paraissent assez limpides. Les boussoles s'affolent aujourd'hui, mais pour demain elles indiquent la direction sans hésitation : celle d'une longue et forte croissance mondiale tirée par l'Asie. Bien sûr, le fameux découplage du continent asiatique ne sera pas parfait, et le ralentissement du Nord influencera fatalement les économies du Sud. Bien sûr, la formidable histoire de Chindia ne s'écrira pas sans ratures. Bien sûr, des difficultés sociales, environnementales, politiques surviendront. Il aura fallu du temps pour que les États-Unis surpassent la «vieille Europe», et celle-ci n'y a rien perdu lorsque ce fut le cas. Il en faudra aussi pour que le centre de gravité de la planète change à nouveau de continent. Mais le mouvement est clairement engagé, plus rapide que ne le dit le consensus, et plus profitable à tous que ne cherchent à le faire croire les perdants et les frileux, qu'il faut assister, mais pas écouter. "
Source : lefigaro.fr, 22/01/08

Libellés :

1.2.08

Le bonheur n'est pas dans le PIB

En complément des propos précédents, ce graphique : la satisfaction à l'égard de la vie reste la même dans le temps alors que la richesse ne cesse de progresser. L'argent ne fait pas le bonheur !
Source : Le Monde, 20-21/01/08

Libellés :

18.1.08

L'ordre géofinancier mondial est bouleversé

Le journaliste Pierre-Antoine Delhommais dans sa dernière chronique économique :

"La crise des subprimes a mis en évidence le bouleversement de l'ordre géofinancier mondial. L'affaire était déjà entendue sur le plan économique. L'Asie fabriquait, l'Occident consommait. D'où les déséquilibres colossaux des balances commerciales entre les deux zones. Mais personne n'avait vraiment réalisé à quel point l'Asie émergente, puissance industrielle, était aussi devenue une puissance financière. Comment, à force de beaucoup travailler, elle s'était beaucoup enrichie. Comment, à force de vendre des milliards de tee-shirts, elle avait aussi patiemment versé dans sa tirelire des centaines de milliards de dollars laborieusement gagnés. On savait bien que la banque centrale de Chine accumulait les réserves de change (près de 1 500 milliards de dollars), mais comme celles-ci servaient pour l'essentiel à acheter des emprunts d'Etat américains, ce phénomène restait une sorte d'abstraction monétaire.

Tout a changé le 19 décembre 2007, quand China Investment Corp (CIC), le fonds de l'Etat chinois, a apporté 5 milliards de dollars à Morgan Stanley, " plombée " par ses pertes liées aux subprimes. De l'argent communiste sauvant l'un des établissements financiers les plus chics de Wall Street, une vraie Rolls du capitalisme mondial pour laquelle des générations de golden-boys ont rêvé de travailler, le symbole est fort. (…) On pourrait égrener d'autres signes de cette puissance financière asiatique toute neuve. Quatre entreprises chinoises figurent parmi les dix plus grosses capitalisations boursières mondiales : au premier rang d'entre elles, PetroChina, valorisée 724 milliards de dollars, loin devant les Américains ExxonMobil (519 milliards) et General Electric (377 milliards). Début décembre, la Chine est également devenue pour la première fois, dans le cadre de l'Association internationale de développement (AID) gérée par la Banque mondiale, l'un des 45 pays donateurs pour les pays les plus pauvres de la planète. Il y a huit ans, elle était encore bénéficiaire de cette aide ! Par ce geste, la Chine a voulu bien faire comprendre à toute la planète qu'elle avait définitivement quitté le camp des nations en développement pour rejoindre celui des pays riches. (…) Vendre des tee-shirts, cela peut finir par rapporter gros, très gros."

Source : Le Monde, 06/01/08

Libellés :

16.11.07

Comment on devient un leader mondial

Le patron de Mittal Steel, Lakshmi Mittal, évoque son parcours :
"J'ai commencé à travailler à 17 ans, voilà quarante ans. Tout cela ne s'est pas fait en un jour. Depuis que j'ai quitté l'Inde, il y a trente ans, j'ai traversé des moments difficiles. Quand j'ai commencé en Indonésie, je n'avais pas d'argent, il fallait emprunter aux banques, solliciter les amis. Ma première activité hors d'Indonésie, je ne l'ai développée que quatorze ans plus tard! Il a fallu beaucoup de temps pour construire l'entreprise et comprendre le secteur. Dans les années 2000, lorsque l'acier était en crise, nous avons aussi vécu une période délicate. La capitalisation de Mittal ne dépassait alors pas 100 millions de dollars... Aujourd'hui, ArcelorMittal pèse 100 milliards !"
Source : lexpress.fr, 01/11/07

Libellés : ,

15.11.07

Notre pensée est dominée par les forces économiques

Lester R. Brown mène le combat de l'urgence écologique depuis quarante ans aux Etats-Unis. Son dernier livre, "Le Plan B, pour un pacte écologique mondial", vient de paraître en France. Il parle en ces termes de l'économie contre l'écologie :
" Engagés dans une fuite en avant perpétuelle, nous découvrons la plupart des catastrophes une fois qu'elles se sont produites: après que les espèces ont disparu, que les températures ont grimpé, que les ressources en eau se sont taries… Pourquoi sommes-nous si lents à la détente? Parce que notre manière de penser est dominée par les forces économiques. A la différence de l'écologie, née tout récemment, la science économique a plusieurs siècles d'existence. Des générations d'économistes ont été entraînés à comprendre le marché. Et surtout à ne jamais le remettre en question, même quand il s'avère inefficace. Si vous êtes pêcheur, par exemple, et que votre activité menace les ressources de la mer, les prix vont grimper. Un spécialiste du marché vous conseillera de capturer toujours plus de poissons, puisqu'ils sont plus en plus chers. L'écologiste, lui, vous répondra que si les prix augmentent, c'est que les poissons sont sans doute en danger et qu'au lieu d'augmenter les prises vous devriez au contraire les diminuer. Voilà bien la grande faiblesse du marché: il ne se préoccupe pas des coûts indirects et encore moins de ce qui adviendra des générations à venir. Il donne de mauvais conseils. Quand sir Nicholas Stem a rendu son rapport sur le coût du changement climatique, il a parlé de « fiasco complet du marché». Ce coût n'est incorporé dans le prix de l'essence ou de l'électricité, en particulier quand celle-ci est tirée de la combustion du charbon. Pour reprendre un dirigeant d'Exxon, «le socialisme s'est effondré pour ne pas avoir autorisé le marché à dire la vérité économique. Le capitalisme pourrait s'effondrer faute d'avoir permis au marché de dire la vérité écologique »."
Source : Télérama, 31/10/07

Libellés : ,

6.11.07

Les ravages du court-termisme au travail

Le sociologue et historien américain Richard Sennet :

"Dans le capitalisme moderne, le travail est au fondement de l'identité. Mais ce fondement est devenu obscur ces dernières années. D'abord parce que l'on change fréquemment de métier, en particulier dans l'univers high-tech, que j'ai beaucoup étudié. (…) Les managers que j'ai interviewés ne veulent pas être à ce point des caméléons. Pourtant, ceux-ci étaient enthousiastes, il y a quinze ans, à l'idée d'abandonner une certaine bureaucratie pour les projets à plus court terme. Mais ce court-termisme a des conséquences néfastes sur la construction de soi : comment développer une histoire de vie dans une société composée d'épisodes et de fragments ? La capacité à laisser en arrière son passé, l'acceptation de la fragmentation sont deux traits de caractère qui permettent de bien survivre dans ce système. (…) Mais de manière générale, ils sont très peu partagés, même parmi les jeunes générations. Ce court-termisme a aussi des conséquences négatives sur les relations aux autres. Il entame la confiance, la loyauté et l'engagement mutuel, toutes valeurs importantes dans la sphère privée mais qui ne permettent pas de réussir dans l'univers professionnel actuel."
Source : Enjeux, octobre 2007

Libellés :

30.10.07

Le prix du pétrole va continuer à grimper

Voici ce que pensent les chefs économistes de la célèbre banque américaine Morgan Stnaley, Eric Chaney et Richard Berner, de l'évolution du prix du pétrole :
"A long terme, le pétrole doit se renchérir : c’est une ressource limitée et le pouvoir de marché de l’Arabie saoudite ne peut qu’augmenter, au fur et à mesure que les autres fournisseurs épuisent leurs propres champs de pétrole. En conséquence, le cours du brut devrait monter probablement plus vite que ce que suggère la règle de Harold Hotelling (qui pose que le taux de croissance de ce cours doit être égal au taux d'intérêt à long terme), à cause de la part de marché croissante du producteur dominant. Mais on peut discuter sur les perspectives de moyen-terme : à 90 dollars le baril, le niveau des réserves pétrolières mondiales économiquement exploitables est significativement plus haut qu'à 50 dollars. D’un autre côté, l’offre est relativement peu élastique, même à moyen terme, et nous croyons que la croissance mondiale repartira, après la pause de 2008. Le super-cycle mondial d’investissement, alimenté par les immenses besoins des nouveaux géants de l'économie globale, devrait durer de nombreuses années, et même dans les pays de l'OCDE, nous croyons que le cycle est très loin d’être terminé. Par conséquent, nous prévoyons une hausse significative des prix du brut à partir de 2009."
Source : Telos, 26/10/07

Libellés :

24.10.07

Le problème de la France selon Alan Greenspan

Alan Greenspan, ex-patron de la Réserve Fédérale américaine, en marge de la sortie de son livre en France, "Le temps des turbulences" :

"En France, le problème est que la concurrence est considérée comme la loi de la jungle, selon une expression d'Edouard Balladur. Je dis à la France : attention ! Elle risque de descendre dans le rang des grandes puissances mondiales si elle persiste dans une attitude hostile à la concurrence."
Source : Paris-Match, 19/09/07

Libellés :

15.10.07

Quand le Canada ne fait plus rêver

Bien que le Canada reste une terre d'immigration, le taux de chômage des étrangers atteint désormais 11,5 %. Alors que la destination continue à faire rêver, les Français y sont entre 120 et 130.000, les autorités reconnaissent qu'un Français sur deux rentre au pays après quelques années. Les obstacles sont nombreux. Exemple : le système de santé canadien est classé au trentième rang mondial…

Source : Challenges, 04/10/07

Libellés :

25.9.07

Rupture économique historique entre le Nord et le Sud

Le journaliste Eric Le Boucher, dans sa dernière chronique, au sujet de la bonne résistance des économies des pays du sud dans la crise économique actuelle :

"Annonçant un complet renversement du rapport des forces mondiales, les pays émergents, ceux d'Asie en particulier, montrent une grande résistance économique et financière aux turbulences. Le Sud devient non seulement le moteur de l'expansion mondiale, mais il dépend moins du Nord, de ses capitaux et, dans une mesure relative, de ses débouchés. Le XXIe siècle leur offre une grande revanche du XIXe et du XXe, au cours desquels le maître mot avait été l'exploitation du Sud par le Nord. Du fait de l'interconnexion des marchés, toutes les places boursières ont été affectées par la perte de confiance de cet été. Mais, à y regarder de plus près, on observe que les Bourses émergentes ont moins reculé que Wall Street et que les places européennes, explique Luca Silipo, économiste chez Natixis. (…) Le Sud se " découple " du Nord, comme disent les économistes. C'est lui qui joue un rôle de stabilisateur dans l'économie mondiale. Comment cette inversion a-t-elle été rendue possible ? La première raison est la force de leur croissance. L'économie mondiale va diminuer un peu, à 5,25 % cette année et l'an prochain (contre 5,5 % en 2006), mais les pays du Sud survolent le lot. La Chine bien sûr, au rythme de 11,5 %, l'Inde à 9 %, les pays du Golfe, l'Afrique émergente, même le Brésil, longtemps traînard, atteint 5,5 %. Cette expansion dépend moins des marchés du Nord. (…) L'autre raison de la solidité des économies du Sud est la politique économique vertueuse de nombre d'entre eux. Echaudés par les crises précédentes, ils ont compris qu'ils devaient ne plus dépendre des capitaux du Nord et que, pour ce faire, il fallait avoir des budgets équilibrés et des comptes commerciaux excédentaires. Les pays de l'Est européen, l'Argentine ou l'Inde ne sont pas dans ce cas-là, mais ce sont des exceptions. (…) Sans doute, le " découplage " du Sud n'est que relatif. Certaines zones (Amérique latine et Europe de l'Est) sont encore fragiles. Si les turbulences financières devaient durer et plonger le Nord dans une forte récession, aucune économie du monde ne pourrait être immunisée. Mais " la plupart des économies émergentes sont moins vulnérables grâce à des fondamentaux économiques solides et des institutions monétaires crédibles ", se félicitait, le 7 septembre, Rodrigo Rato, le patron (sur le départ) du FMI. Le Sud est économiquement émancipé. C'est une rupture, une vraie. Grande, historique et mondiale."
Source : Le Monde, 23-24/09/07

Libellés :

11.9.07

La foule intelligente des internautes

Une nouvelle tendance de travail émerge aux Etats-Unis, grâce à la démocratisation d'Internet. Le centre d'appels LiveOps ne délocalise plus ses centres à l'étranger dans des pays à bas salaires. Il recrute désormais à domicile des étudiants ou des mères au foyer qui cherchent à arrondir leurs fins de mois. Les appels leur sont tout simplement basculés à la maison. L'entreprise dispose ainsi de ressources nombreuses, souples et de bon niveau. Les spécialistes parlent de "crowdsourcing" ou "approvisionnement par la foule". D'autres entreprises surfent sur "l'intelligence de la foule" et recrutent des amateurs éclairés intéressés par la résolution de tel ou tel problème dans l'esprit : "Je veux acheter un appareil photo digital ; le meilleur expert du magasin de quartier en saura beaucoup moins que les 10 000 visiteurs d'un site sur Internet, ayant testé l'appareil photo." Nous ne sommes sans doute qu'au début de ces évolutions causées par le net.
Source : www.talents.fr, 10/09/07

Libellés :

6.9.07

Les Français efficaces au travail !

Une étude du Bureau International du Travail vient de montrer que la France se situe à la troisième place mondiale en terme de productivité des travailleurs, derrière la Norvège et les Etats-Unis. Par contre depuis les 35 heures, nous ne travaillons pas beaucoup, nous situant cette fois derrière les Etats-Unis, l'Irlande ou la Belgique. A noter : la forte progression de la productivité en Asie.
Source : www.lefigaro.fr, 03/09/07

Libellés :

21.8.07

Une mondialisation heureuse ?

Le journaliste Pierre-Antoine Delhommais analysait récemment "une mondialisation heureuse mais heurtée" dans Le Monde (09/08/07). Constatant que la croissance mondiale n'avait pas été aussi forte depuis 1960, il en distingue ces quatre conséquences positives :
  • "cette croissance exceptionnelle permet une diminution spectaculaire de la pauvreté dans le monde : 985 millions de personnes vivaient avec moins de 1 dollar par jour en 2004, contre 1,25 milliard en 1990."
  • "cette forte croissance ne s'est accompagnée d'aucune poussée d'inflation, malgré la flambée des cours des matières premières. Cette sagesse des prix apparaît là aussi comme une conséquence bénéfique de la mondialisation, la concurrence effrénée à laquelle se livrent les entreprises les empêchant d'augmenter le prix de leurs produits."
  • " les déséquilibres commerciaux gigantesques sont absorbés sans difficultés – en particulier sans crise de change –, les excédents des uns venant financer les déficits des autres : pour acheter des T-shirts made in China, les Américains creusent des trous que Pékin s'empresse de combler en acquérant massivement des emprunts du Trésor des Etats-Unis."
  • "malgré la concurrence des pays émergents et les mouvements de délocalisations industrielles, le chômage est tombé à des taux historiquement bas dans les pays industrialisés (4,6 % aux Etats-Unis, 3,7 % au Japon, 6,9 % dans la zone euro). Des niveaux qui démentent l'idée selon laquelle la mondialisation est l'ennemie de nos emplois et les Chinois et les Indiens nous volent notre travail."
L'envers du décor est la financiarisation de l'économie, qui entraîne des bulles spéculatives et donc des chocs tels que ceux que nous vivons en ce moment.

Libellés :

11.8.07

La crise financière expliquée simplement

Quand un grand économiste se met à la portée de tout un chacun, cela donne cette explication claire de la crise financière actuelle. Il s'agit de Charles Wyplosz, professeur d'économie internationale à Genève, sur Rue89 :
" Ce n’est pas parce que les financiers s'affolent un peu vite que nous devons, nous aussi, paniquer. Les pertes dues à la crise de l’immobilier aux Etats-Unis et ailleurs (là aussi, la contagion peut s’étendre) peuvent parfaitement être absorbées, d’autant qu’on a vu venir la crise. Les établissements qui détiennent ces prêts hypothécaires risqués –les fameux "subprimes"– le savent et, pour la plupart d’entre eux, ont mis de l’argent de côté, en se gardant bien de le claironner. Le problème, c’est la méfiance qui s’est installée. Alors, très sagement, les grandes banques centrales interviennent. Elles prêtent aux établissements financiers l’argent qu’ils ne trouvent plus sur le marché monétaire, pour leur permettre de continuer à faire leur travail de distributeurs de prêts. Combien de temps cette situation peut-elle durer ? Il va falloir des mois pour que le marché immobilier se stabilise et que les pertes des établissements exposés sortent du bois. "
Je ne peux que vous encourager à lire la totalité de l'article.

Libellés :

31.3.07

Montée en puissance économique de nouveaux pays

Le journaliste Guillaume Goubert commente les grandes batailles boursières actuelles :

" Il va falloir s'y faire. Désormais, les grandes batailles boursières pour le contrôle des entreprises ne seront plus l'apanage exclusif des sociétés européennes ou nord-américaines. Venus de Chine, d'Inde, de Russie, du Brésil, de Turquie, de nouveaux acteurs sont entrés dans la partie. On l'a récemment vu dans le secteur de la sidérurgie avec les rachats successifs d'Arcelor et de Corus par Mittal et Tata, sociétés d'origine indienne. Ou lors de l'acquisition de micro-ordinateurs d'IBM par le chinois Lenovo. De tels événements signent la montée en puissance de nouveaux pays dans l'économie mondialisée. Qui progressent à pas de géant et qui veulent être reconnus comme des puissances de rang mondial. "
(La Croix, 12/02/07)

Libellés :

22.3.07

Le travail : l'activité humaine principale

Le prix Nobel d'économie 2006, Edmund Phelps, au sujet de la valeur travail :
" Revaloriser le travail suppose d'abord d'en rappeler les fondements : il s'agit de l'activité humaine principale, essentielle à l'intégration sociale. Le travail est en outre source de stimulation mentale pour les individus, la construction d'une carrière étant le moyen pour chacun de réaliser son potentiel et d'exprimer ses talents. (…) Le besoin de se réaliser est universel. On pense à tort que c'est une valeur américaine mais c'est en réalité la pierre angulaire de la doctrine classique de la "bonne vie". Aristote nous dit que tous les êtres humains veulent élargir leurs horizons et "découvrir leurs talents". Benvenuto Cellini décrit à la Renaissance les joies de la créativité et de l'épanouissement dans son autobiographie. L'époque baroque puis les Lumières célèbrent la quête incessante du développement personnel. Jefferson et les autres penseurs des Lumières ne font que prolonger cette tradition, qui se retrouve ensuite dans l'école américaine de philosophie pragmatique avec William James puis Dewey et jusqu'aux travaux de John Rawls qui parle "d'autoréalisation". Ce qui est vrai, c'est que beaucoup de gens ne sont pas encouragés à construire de véritables carrières car les incitations à progresser, les salaires, sont trop faibles. Les individus ne progressent alors ni dans leurs aptitudes intellectuelles ni dans leur capacité à résoudre des problèmes nouveaux et ils peuvent devenir à terme inemployables. "
(lemonde.fr, 25-26/02/07)

Libellés :

19.3.07

La vérité sur les prix

" Du franc à l'euro, la vérité sur les prix " : tel est le titre du petit livre dirigé par le sociologue Jean Viard, et qui tente d'éclairer le débat sur l'évolution des prix à la consommation ces dernières années. Verdict ? Après analyse des produits de la vie quotidienne, des prix ont augmenté, mais d'autres ont baissé. Surtout, les auteurs rappellent qu'entre 2001 et 2006, le smic horaire brut a progressé de 24 %, ce qui est souvent oublié dans les commentaires… Ils insistent également sur le rôle joué par le progrès technique, qui a fait apparaître de nombreux nouveaux besoins de consommation ces dernières années. En bref, l'euro est quasi dédouané. Qu'en pensez-vous ? (La Croix, 26/02/07)

Libellés :

20.2.07

Le smic à 1500 euros détruirait des emplois

L'économiste Patrick Artus au sujet du projet de Ségolène Royal de passer le smic à 1500 euros : " Le smic à 1500 euros va alourdir de 25 % le coût du travail peu qualifié. Les entreprises préféreront licencier, et nous aurons plusieurs centaines de milliers de chômeurs supplémentaires en deux ans. Plus d'une centaine d'études micro-économiques ont établi que la hausse du smic détruit des emplois non qualifiés. Les ignorer est scandaleux. Quant à l'idée d'une conférence annuelle sur les salaires, qui date des années 1960, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Comment voulez-vous mettre autour de la même table de négociations, l'automobile qui se meurt et les entreprises pétrolières qui ne savent pas que faire de leur argent ? Le bon niveau de négociation, c'est la branche. " (lemonde.fr, 15/02/07)

Libellés :

19.1.07

Les métiers à la une en 2015

Sophie Boissard, la directrice générale du Centre d'analyse stratégique (ex-plan) : " Dans les dix prochaines années, nous allons assister à une bipolarisation du marché du travail avec des emplois très qualifiés, d'une part, et un volume important d'emplois peu qualifiés, notamment dans les métiers de service, d'autre part. En clair, les jeunes qui vont arriver sur le marché du travail dans les dix ans ont intérêt, si possible, à suivre des formations supérieures menant aux emplois hautement qualifiés et spécialisés. Dans cette catégorie, les métiers les plus prometteurs concerneront logiquement les cadres, que ce soit dans le secteur juridique, la gestion ou encore la comptabilité. Tous les métiers de support technique, logistiques, transports, les emplois très spécialisés connaîtront un bel avenir. Par ailleurs, compte tenu du vieillissement de la population, l'essor des métiers de la santé ou de l'aide à la personne va se poursuivre avec des emplois aussi bien qualifiés (médecins, infirmiers...) que moins qualifiés (aide-soignant, auxiliaire de vie...). Plus de 210 000 emplois d'assistante maternelle et d'aide à domicile vont être créés d'ici dix ans, et près de 150 000 d'aides-soignants. (…) La tertiarisation des emplois n'implique pas la fin des métiers de production, mais ils seront bien plus qualifiés. Et le nombre d'ouvriers non qualifiés va continuer à baisser. Nous n'aurons plus besoin de fondeurs de base, d'autres pays feront ce travail, mais la fonderie de pointe va rester. Les secteurs industriels ne vont pas disparaître, mais les emplois vont changer à l'intérieur de ces secteurs. " (lemonde.fr, 31/12 et 01/01/07)

Libellés :

11.1.07

Ces industries qui vont manquer à l'Europe

Jacques Attali, au sujet de l'inquiétante disparition des industries européennes : " Contrairement à ce qu'annoncent depuis longtemps les futurologues, le monde n'est pas en train de devenir une société postindustrielle, où domineraient les services, mais tout au contraire une société hyperindustrielle, où les services eux-mêmes s'industrialisent et où la richesse sera de plus en plus créée par les seules entreprises industrielles, qui peuvent augmenter leur productivité en automatisant la production de leurs marchandises, à la différence des entreprises tertiaires, dont la productivité est limitée par les capacités de travail de leurs employés. Le secteur de la musique, toujours annonciateur des changements majeurs de la société, fournit un excellent exemple de ce qui nous attend. Alors que les nouvelles technologies de l'information, en permettant la circulation gratuite des fichiers digitaux, ruinent ceux qui prétendent encore commercialiser des œuvres immatérielles, ceux qui fabriquent industriellement les moyens de l'entendre s'enrichissent à l'infini : l'iPod fait la fortune d'Apple ; la gratuité ruine les majors. Alors que les Américains et les Japonais l'ont bien compris et se lancent à fond dans l'industrialisation, sur leur sol, des services - en particulier de surveillance, de santé et d'éducation - les Européens se bercent encore de l'illusion de voir leur avenir dans certains services (financiers, commerciaux ou touristiques) et abandonnent l'un après l'autre leurs fleurons industriels, qui leur feront bientôt cruellement défaut. " (lexpress.fr, 30/11/06)

Libellés :