29.1.08

Vies parallèles dans un monde virtuel

Le psychiatre Serge Tisseron publie "Virtuel, mon amour", une analyse de l'impact de la révolution culturelle. Le Monde en disait récemment ceci :

"Les adolescents ne cherchent plus à quitter le domicile familial. Leurs écouteurs sur les oreilles, ou barricadés dans leurs chambres, ils mènent une vie parallèle, tout en continuant à profiter du réfrigérateur. Et c'est lorsque les parents tentent de s'immiscer dans ces nouveaux territoires qu'ils sont rejetés. Le téléphone portable n'est pas seulement un outil, mais un interlocuteur, toujours disponible. On le soupèse, on le caresse... Plus les corps s'effacent de la communication, souligne l'auteur, plus les émotions et les sensations sont vécues avec les machines elles-mêmes. Pour chercher l'âme soeur sur Internet, chacun se construit une identité, offrant l'image qu'il se fait ou essaie de donner de lui-même. On " se parle " sans se voir, pour essayer de savoir si cela vaut la peine de se rencontrer... La vraie rencontre, ensuite, échoue souvent, car " les rituels préliminaires qui apprivoisent les corps et les encouragent à se faire confiance n'ont pas eu lieu ". La vie numérique, avec ses jeux de plus en plus sophistiqués et ses avatars, n'est pas nécessairement une calamité, remarque Serge Tisseron. Certains jeunes se soignent dans les espaces virtuels, alors que d'autres y vont de plus en plus mal. Le psychiatre préconise des jeux de rôle dès la maternelle : " Plus les enfants seront invités précocement à "imiter pour de faux" dans un cadre qui soit garant de leur jeu, et moins ils seront menacés par la tentation d'imiter "pour de vrai" les images qu'ils voient, que ce soit comme agresseurs ou comme victimes. "

Source : Le Monde, 18/01/08

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28.1.08

Un cinquième pouvoir se met en place

Dans sa dernière chronique, Robert Solé rendait compte du nouveau livre du philologue Milad Doueihi, "La Grande Conversion numérique" :

"Tous les métiers de l'écriture sont frappés de plein fouet par la révolution en cours. Les archives, par exemple. Rien n'est plus fragile que les documents numériques, souligne Milad Doueihi. En juillet 2006, d'un simple clic malencontreux, un technicien a effacé 800 000 images électroniques des archives du Fonds permanent de l'Alaska... Sans compter les actes délictueux : une attaque des lieux de stockage par des cyberpirates altérerait définitivement des documents irremplaçables. Nous faisons comme si l'information numérique sera toujours la même, toujours accessible, toujours interrogeable. Or, les normes, les formats et les fichiers changent continuellement. Plus encore : les archives numériques ne sont pas que mise en mémoire et stockage, mais " des sites de production du savoir ". Cette nouvelle culture, nous dit le philologue, exige " une compétence numérique " qui est loin de se limiter au maniement des outils disponibles. Internet remet en question toutes les notions de copyright et de propriété intellectuelle. Le droit est en retard, notre réflexion aussi. Nous pensons encore en termes d'imprimé, parlant de " pages " sur nos écrans, alors que la lecture n'y est plus linéaire : on navigue, on suit des liens, en se permettant de modifier ces documents numérisés. La distinction entre lecteur et auteur est effacée, les consommateurs deviennent eux-mêmes fournisseurs et distributeurs de contenus : des " consom-acteurs ", comme les appelle Pascal Josèphe. C'est un " cinquième pouvoir " qui se met doucement en place."

Source : Le Monde, 18/01/08

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14.1.08

Internet : la tyrannie de la transparence

Claude Weil dans son dernier éditorial :
"Photos volées, rumeurs, calomnies et secrets de famille voyagent aujourd'hui à la vitesse de la lumière. Tapez «Manaudou nue» sur Google, en 0,06 seconde le moteur de recherche vous propose 227 000 pages. 227 000 ! Les victimes peuvent bien se démener, menacer de poursuites, exiger que soient retirés les documents compromettants... Peine perdue. Pour une page fermée, dix autres s'ouvrent. (…) Aucune digue juridique ne tient. Ni les lois sur la presse ni la législation française sur le droit à l'image, la mieux faite et la plus protectrice qui soit, n'y peuvent rien. Si les journaux ne publient pas, d'autres s'en chargeront. En tout anonymat. En toute impunité. Les corbeaux, désormais, ne laissent pas de traces. Des dizaines de romans d'anticipation ont imaginé un futur où chacun vivrait en permanence sous le regard du pouvoir. C'est le modèle «1984» : «Big Brother is watching you». Un cerveau central placé en surplomb de la société, usant des moyens techniques les plus sophistiqués pour espionner les citoyens jusque dans leur intimité et les dépouiller de la liberté la plus élémentaire : le droit au respect de la vie privée. Nul n'avait envisagé que cette intrusion - cette tyrannie de la transparence - puisse être le fait non d'un régime autoritaire, mais d'un système de communication hyperdémocratique, égalitaire et anarchique. Et qu'elle ne viserait pas à bâillonner les opposants, mais tout simplement à satisfaire la curiosité des conso-«mateurs». C'est pourtant ce qui nous guette. La pitoyable affaire Manaudou donne un avant-goût des développements possibles d'une révolution qui ne fait que commencer. Juste une bonne blague, une histoire de fesses ? Les rieurs devraient prendre garde : personne n'est à l'abri. Big Brother, potentiellement, c'est n'importe qui. Votre voisin, votre ex, votre collègue de bureau, l'employé qui gère votre compte en banque. Quiconque peut avoir accès à votre misérable petit tas de secrets, et intérêt à les exposer au grand jour."
Source : nouvelobs.com, 03/01/08

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7.1.08

Pour bien protéger son ordinateur

J'ai été victime d'une sérieuse infection de mon ordinateur il y a quelques semaines, je vous passe les détails. Bien que protégé par un antivirus réputé, j'ai eu beaucoup de mal à faire disparaître le vers qui s'était logé dans mon portable. Et j'ai passé du temps sur quelques forums. Finalement, je ne peux que vous conseiller d'installer SUPERAntiSpyware, qui est le seul à avoir délogé la bête définitivement. C'est un petit freeware facile à installer et à utiliser, mais redoutablement efficace contre les spyware, adware, vers, keylogger, hijacker, et autres dialer. Son plus : être bien à jour des dernières saletés qui traînent en ligne.

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3.1.08

Début de lassitude sur Internet

Le journal danois Dagbladet Information :
"D'après les experts, 2008 devrait être l'année pendant laquelle cette lassitude d'Internet, qui pointe déjà, devrait augmenter. Nous sommes en train de nous déconnecter. Nous ne sommes plus enclins à suivre les messages incessants du réseau et de 2 500 'amis' du cyberspace. Et pourquoi maintenant ? Probablement parce que nous avons compris que nous passons moins de temps avec la famille, les amis ou au travail. Ou bien parce que les promesses de la réalité virtuelle [in real life] ne se sont pas concrétisées. Ou tout simplement parce que les rencontres réelles sont plus intéressantes qu'un écran froid devant lequel on s'installe la nuit ou au travail. En dépit des difficultés, de vrais baisers ne sont-ils pas plus agréables ?"
Source : www.arte.tv, 02/01/08

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18.12.07

Moins on est sur Google, mieux on se porte...

Etienne Balmer parle des risques à trop se mettre en avant sur Internet :
"Les procédures judiciaires contre les blogueurs qui racontent les coulisses de leur entreprises se multiplient, au point que même les plus bavards finissent par mettre une sourdine. Une leçon amère des risques professionnels d'une surexposition intime sur internet, alors que les réseaux sociaux comme Facebook prospèrent... (…)
Aujourd’hui, A. ne tient plus de blog et fuit Facebook et consorts. Pour son avenir de jeune professionnel, il vaut mieux enterrer cette mauvaise anecdote. Mais Google, qui archive les pages web, peut avoir la mémoire aussi longue qu’une carrière.
"Avec internet, on baigne dans la culture du tout gratuit et du tout permis", décrypte Stéphane Boudin, avocat au barreau de Seine-Saint-Denis spécialisé dans le droit du travail et les contentieux du web. "Or les sanctions peuvent arriver très vite".
Quels sont les risques professionnels de s’épancher sur un blog? En France, la liberté d’expression a valeur constitutionnelle et elle est consacrée dans le code du travail. Mais cette liberté à l’intérieur et hors de l’entreprise connaît des limites, auxquelles Internet n’échappe pas. La diffamation, le dénigrement et l’injure sont une première ligne à ne pas franchir. (…)
S’il est salarié, le blogueur doit respecter ses obligations de loyauté et de discrétion envers son employeur. Il ne doit pas écrire sur son blog pendant ses heures de travail, ni décrire de manière négative son entreprise ou dévoiler des secrets professionnels. (…)
Nombre d’employeurs préfèrent négocier en pièces sonnantes et trébuchantes le départ d’un salarié blogueur embarrassant. Comme pour Alice, congédiée par sa boîte de communication en mars 2006 après qu’un collègue l’a démasquée comme l’auteur et modèle photo d’un blog en petite tenue. Un accord financier évite aux deux parties un procès long et médiatique, dont l’issue s’annonçait incertaine.
Car les agissements du salarié en dehors de son temps de travail ne justifient pas de sanction disciplinaire, sauf s’ils causent un "trouble objectif caractérisé" à l’entreprise. Une notion qui erre encore dans un certain "flou juridique", selon l’avocat Stéphane Boudin. (…)
Conclusion laconique de Ron l’infirmier [un blogueur] : "Moins on est sur Google, mieux c’est". Un appel à la modération peut-être salutaire, à l’heure de l’engouement pour les réseaux sociaux comme Facebook ou Myspace, dont personne ne sait aujourd’hui à quelles fins les milliards de données personnelles de leurs joyeux membres pourront êtres employés dans quelques années."
Source : Rue89, 16/12/07

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11.12.07

Les aventures du Web 3

La conférence "Le Web 3" organisée par Loïc Le Meur se tient aujourd'hui et demain à Paris et est à suivre ici.

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7.12.07

Internet : le lieu de l'idiotie ?

Philippe Lemoine, patron et spécialiste des nouvelles technologies :

"Pour la culture d'élite, si l'on ouvre trop les vannes, c'est l'idiotie qui remonte, c'est l'opinion. Pourtant, qu'est-ce qui enthousiasme les jeunes dans l'interconnexion ? La conscience que, face aux questions qu'ils se posent, et auxquelles ne répondent pas les mots, les livres et les théories reconnus, ils ne sont pas seuls au monde et peuvent rencontrer d'autres personnes qui se posent les mêmes questions. Sans parler d'intelligence collective, c'est un univers de rencontre qui n'est pas uniquement de l'expression d'opinion, mais aussi la mise en commun de sensibilités et d'aspirations à autre chose. Si l'on ne reconnaît pas ça, on ne comprend pas Internet."
Source : Télérama, 21/11/07

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3.12.07

Pour une écologie de l'information

Les journalistes Thomas Bécard et Olivier Pascal-Moussellard comparaient récemment Internet à un McDo de l'info :

"Consommation rapide : le mot est lâché. Il y a du fast-food dans le newsfeed ("alimentation en informations", traduction littérale de « flux », en anglais). Un côté McDo, qui joint à la sensation d'être repu (vite chassée par le retour de la faim) un bizarre sentiment de surcharge face à ce trop-plein d'infos encore alimenté par de nouveau arrivages. Toujours plus ! Et surtout plus fluide ! Est-ce la société qui le demande ou plutôt le marché qui l'exige, comme le suggère Zygmunt Bauman dans son essai "La Vie liquide" ? Ce marché qui ne supporte pas la durée parce qu'un marché de la consommation qui pourvoirait aux besoins à long terme «constituerait une contradiction dans les termes ». II «propage la circulation rapide, une distance raccourcie entre l'usage, le déchet et le broiement de déchets, ainsi que le remplacement immédiat des biens qui ne sont plus profitables ». L'écologie, ça concerne aussi l'info."
Le même article cite Johan Hufnagel, rédacteur en chef de 20minutes.fr :
"Il en va du flux comme du reste de la presse : si le lecteur est attentif et intéressé, il creusera, donc il retiendra. S'il est seulement dans un rapport de consommation rapide, il n'en gardera rien."
Source : Télérama, 21/11/07

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19.11.07

Bloguer, ça rapporte !

Dans sa "Revue de blogs" de ce dimanche, Catherine Nivez a donné la parole à Eric Dupin, l'auteur du blog Presse-Citron, classé second ce mois du classement de Wikio. Il reconnaît retirer 3.000 € par mois de la vente de ses espaces publicitaires. Il indiquait aussi connaître des blogueurs encore plus spécialisés que lui qui gagnent 10 à 12.000 € en bloguant, notamment dans le domaine de la finance. La clé du succès : beaucoup de travail qui apporte quelque chose aux lecteurs. Donc bloguer peut être un métier en France aussi.
Source : Europe 1, 18/11/07

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14.11.07

Limiter la consommation d'écran

La journaliste Martine Laronche vient de consacrer un article aux risques liés à la surconsommation d'écrans par les plus jeunes. Les études confirment en effet que les jeunes passent de plus en plus de temps derrière leurs ordinateurs et autres mobiles :

"Dans ce contexte, les spécialistes de l'enfance et de l'adolescence préconisent une mesure de bon sens : limiter la consommation quotidienne d'écran. En ce qui concerne la durée, les recommandations varient, en fonction de l'âge du jeune d'une part, mais aussi en fonction des experts. D'une heure maximum par jour pour les enfants de 7 ans, jusqu'à deux heures maximum pour les ados, selon certains, voire trois ou quatre heures, selon d'autres. " Il est important que le jeune ait d'autres activités, comme le sport, la lecture, explique Serge Tisseron, psychiatre-psychanalyste. Cela devient préoccupant quand il s'intéresse de moins en moins à autre chose que l'ordinateur. Des résultats scolaires à la baisse doivent aussi alerter les parents. " Mais contrôler l'usage des écrans devient de plus en plus difficile dans la mesure où, selon une enquête publiée dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire en janvier 2007, 69 % des jeunes collégiens et lycéens (sur un échantillon représentatif de 1 042 jeunes) disposaient d'au moins un ordinateur, une télévision ou une console de jeux dans leur chambre. " Il ne faut pas mettre de télé dans la chambre des enfants, considère Stéphane Clerget, pédopsychiatre. Elle ne leur apporte rien. En revanche, il est difficile d'interdire un ordinateur à partir du moment où on demande à son utilisateur de respecter les règles élémentaires de sécurité. ""

Source : Le Monde, 14/11/07

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31.10.07

Internet, source de temps perdu

Une enquête britannique vient de montrer que 30 % du temps passé sur Internet ne sert à rien. Nous flânerions souvent jusqu'à nous poser cette question : "mais qu'est-ce que je cherchais au départ ?" Cela peut représenter deux jours par mois quand même…

Source : Psychologies, octobre 2007

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30.10.07

Toutes les formes de criminalité se retrouvent sur la toile

Saviez-vous que les services de l'Etat sont protégés d'un point de vue informatique par le Centre opérationnel en sécurité des systèmes d'information (Cossi) ? En cas de cyberattaque, le C.O. "diffuse l'alerte, coordonne la riposte, décide de l'intervention sur place d'un technicien chargé d'évaluer la gravité de la menace." De son côté, Patrick Pailloux, chef de la direction centrale de la sécurité des systèmes d'information (DCSSI), est chargé de " protéger les secrets de l'Etat, de faire en sorte que les informations classifiées le demeurent, et de coordonner l'action des différents services publics concernés par la sécurité informatique". Il pense que " la Toile est devenue un espace de bataille ", où l'on retrouve " toutes les formes de criminalité ". Son service traite chaque année entre 400 et 500 " incidents sérieux ", qui vont au-delà de la simple " défiguration de sites ", et surveille 2 000 sites Internet.

Source : Le Monde, 05/10/07

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25.10.07

Web 2.0 : la culture du remixage

L'expert espagnol en nouvelles technologies Javier Candeira au sujet du Web 2.0, qui consacre à ses yeux "la culture du remixage" :
"Les oeuvres produites par la musique populaire, l'art contemporain et la littérature actuelle sont composées, comme la créature de Frankenstein, de morceaux d'oeuvres antérieures. Ce phénomène ancien, aujourd'hui accéléré par la technologie (...) existe dans les tableaux d'Andy Warhol, dans les samples qui forment la base des chansons de hip-hop et dans les parodies de bande-annonce cinématographique que l'on peut voir sur YouTube. La fluidité et l'ubiquité du web font que ce média est particulièrement adapté au remixage. (...) Le Web 2.0 signifie la mise à disposition du grand public des moyens pour effectuer ce remixage. (...) Entre le site internet et le lecteur final, il peut y avoir quantités d'intermédiaires, des programmes comme des personnes, qui mélangent les sites internet entre eux."
Source : www.arte.tv, 23/10/07

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8.10.07

Comment Internet change la vie

La journaliste Catherine Vincent me semble poser les bonnes questions concernant l'influence d'Internet sur les jeunes :

"Quels comportements auront à l'âge adulte ces enfants de la Net-génération ? Seront-ils plus sociaux que les générations précédentes ? Plus solitaires ? Affectivement plus fragiles, intellectuellement plus polyvalents ? Certitude : d'ores et déjà, leur réseau de sociabilité s'étend bien au-delà du réseau des contacts physiques. " Etre fille ou fils de... compte moins aujourd'hui qu'être en lien avec... ", constate Sylvie Octobre, sociologue au département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la culture. " Ce que les jeunes sont en train d'apprendre, c'est à être capable d'entretenir la bonne relation avec la bonne personne en n'importe quel point de la planète. " Un " capital social " qui, selon elle, constituera un véritable avantage dans nos sociétés futures."

Avec les communautés virtuelles, poursuit-elle, chacun prend conscience qu'il est un individu parmi des millions d'autres, mais aussi qu'il peut être contacté depuis le monde entier. Cela confère aux adolescents une légitimité nouvelle, qu'ils ne trouvent ni en famille ni dans le milieu scolaire. " Au sein de la sphère privée et familiale, ces nouvelles compétences ne vont pas sans bouleverser les principes traditionnels. A la transmission descendante, des parents aux enfants, s'est ainsi ajoutée une transmission ascendante, des enfants aux parents... Et, surtout, une transmission horizontale entre pairs. (…)

Tout de même : à trop fréquenter ces communautés virtuelles, nos enfants ne risqueraient-ils rien d'autre que de mauvaises rencontres ? Les dédoublements d'identité (pseudos, avatars) dont ils usent avec bonheur ne peuvent-ils être nocifs pour le développement de leur personnalité ? " Bien au contraire, l'alter ego numérique peut parfois redonner un peu de souffle à notre être réel ", estime le psychologue Michael Stora. (…) En revanche, il craint que l'usage immodéré de l'ordinateur n'entraîne, pour les plus fragiles (des garçons, pour l'essentiel), " la disparition des rencontres en IRL " (" in real life " : dans la vie réelle).

" La cyberdépendance, quand elle est avérée, vient toujours mettre au jour un problème, remarque-t-il toutefois. Comme pour l'alcool et le tabac, l'objet technologique révèle chez certains individus une structure addictive, mais il ne la fabrique pas. " Toxiques pour certains, les TIC auraient pour d'autres des fonctions curatives. " Beaucoup de gens se soignent par le biais des chats ou des forums, et utilisent ces outils comme des expériences auto-thérapeutiques ", poursuit M. Stora, que la clinique a conduit à rencontrer nombre de personnes " ayant osé, grâce à cette pratique solitaire, affronter et dire certaines choses ". Le Web deviendra-t-il, parmi d'autres, un remède contre les maux de l'âme ? L'avenir dira si ces lieux virtuels constituent " un nouvel opium du peuple, grâce auquel chacun pourra exprimer sa violence intérieure tout en étant, dans la vie réelle, plus soumis qu'aujourd'hui ". Ou s'ils seront, au contraire, des endroits " où l'on apprendra l'insoumission "...

Moins pudiques, plus agiles et plus inventifs, les enfants de la Toile, à en croire certains, présenteraient toutefois une tare majeure : à force d'être sollicités par mille choses à la fois, leur capacité de concentration se réduirait comme peau de chagrin. Mais comment en être sûr ? Et qu'est-ce qui sera le plus utile dans la société de demain : être capable de se fixer longtemps sur une même activité, ou gérer plusieurs tâches en même temps ?

" A en juger par l'évolution récente du marché du travail, de nombreux métiers demanderont de plus en plus de savoir être polyactif ", estime Mme Octobre. Pour cette sociologue, le vrai enjeu, en termes de maîtrise de la connaissance, ne concernera pas la capacité de concentration, mais la hiérarchie de l'information. " Pour réussir, il faudra de plus en plus avoir appris à trier, sélectionner et classer par ordre de pertinence la masse d'informations disponibles sur le Net. Là résideront la vraie difficulté, et la vraie source d'inégalités. " Un terrain sur lequel, dès aujourd'hui, l'éducation a un rôle majeur à jouer."

Source : Le Monde, 07/10/07

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4.10.07

Google est bête...

Le philosophe et psychanalyste Jacques-Alain Miller évoque Google en ces termes dans le nouveau livre dirigé par Jérôme Garcin "Nouvelles Mythologies", cinquante ans après "Mythologies" de Roland Barthes :
«Google est l'araignée de la Toile. Il y assure une métafonction : celle de savoir où est le savoir. Dieu ne répond pas; Google toujours et tout de suite. On lui adresse un signal sans syntaxe, d'une parcimonie extrême; un clic, et... Bingo ! C'est la cataracte : le blanc ostentatoire de la page se noircit soudain, le vide se renverse en profusion, la concision en logorrhée. A tous les coups l'on gagne. Organisant la Très Grande Quantité, Google obéit à un tropisme totalitaire, glouton et digestif. D'où le projet de scanner tous les livres; d'où les raids sur toutes les archives : cinéma, télévision, presse; au-delà, la cible logique de la googleïsation, c'est l'univers entier : le regard omnivoyant parcourt le globe tout en convoitant les petites unités d'information de tout un chacun. Confie-lui ton fatras documentaire, et il mettra chaque chose à sa place - et toi-même par-dessus le marché, qui ne seras plus, et pour l'éternité, que la somme de tes clics. Google, «Big Brother » ? Comment ne pas y penser ? D'où la nécessité pour lui de poser en axiome sa bonté foncière. Est-il méchant ? Ce qui est sûr, c'est qu'il est bête. Si les réponses foisonnent à l'écran, c'est qu'il comprend de travers. Le signal initial est fait de mots, et un mot n'a pas qu'un seul sens. Or le sens échappe à Google, qui chiffre, mais ne déchiffre pas. C'est le mot dans sa matérialité stupide qu'il mémorise. C'est donc toujours à toi de trouver dans le foin des résultats l'aiguille de ce qui fait sens pour toi.»
Source : challenges.fr, 13/09/07

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3.10.07

100 propositions pour le commerce en ligne

Le Forum des Droits sur l'Internet vient de publier ses 100 propositions pour renforcer la confiance des consommateurs dans le commerce électronique.

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25.9.07

Cyber-harcèlement

Le gouvernement britannique vient d'être contraint de lancer une campagne contre le cyber-harcèlement. Il s'agit de l'intimidation des élèves ou des enseignants via téléphone portable et Internet. Un tiers des 12-15 ans serait touché dans ce pays. On n'arrête pas le progrès…

Source : Le Monde, 23-24/09/07

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22.9.07

Quand Internet entame la libido

18h.com nous apprend que 20 % des internautes américains reconnaissent faire moins l'amour du fait de leur passion pour le net. Par ailleurs seuls 20 autres % indiquent pouvoir se passer d'Internet. Les autres sont accros.

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17.9.07

L'avenir appartient aux techno natives

Les techno natives sont les jeunes de 15 à 25 ans qui sont nés avec une souris. Par exemple 92 % des 15 ans sont connectés à Internet et ont un téléphone mobile. Ils sont les consommateurs de demain et les marques doivent repenser leur façon de les approcher. Par ailleurs en marge du salon E-Commerce 2007, on apprend qu'il se crée un site marchand toutes les deux minutes en France.
Source : LSA, 13/09/07

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