1.2.08

La vie heureuse vient de l'intérieur

Le Nouvel Obs consacrait récemment sa une au Tibet. A cette occasion, le Dalaï-lama nous disait ceci :
"En fait, il n'y a pas beaucoup de différences entre les Occidentaux et les Orientaux. Il y a des problèmes émotionnels ici, mais on voit la même chose en Asie. [Rire.] On dit que les Orientaux sont plus religieux, ce n'est que partiellement vrai. Ce que je dis aux Asiatiques, je le dis aussi aux Occidentaux. Nous sommes tous les mêmes êtres humains : on a le même corps, le même esprit, les mêmes émotions, les mêmes problèmes. Naissance, mort, et toutes sortes d'événements non désirés, c'est pareil pour tous. Chacun doit comprendre que les événements d'aujourd'hui sont dus à des causes passées. C'est le cas y compris avec la tragédie tibétaine. Les générations précédentes ont vraiment négligé la réalité : la réalité du monde, la réalité du XXe siècle. Mais je tiens à préciser que les valeurs matérielles sont limitées. Au cours des deux derniers siècles, les gens se sont concentrés sur le développement matériel, et les gouvernements se sont focalisés sur la planification économique. On a oublié l'éducation morale. C'est ce dont nous avons besoin. Parce que, en dernière analyse, la vie heureuse ne vient pas de l'argent, ni du pouvoir, ni de je ne sais quel avantage, elle vient de l'intérieur."
Source : nouvelobs.com, 17/01/08

Libellés :

9.1.08

Risquer pour obtenir

Maud Fontenoy et le bonheur :

"Il m'est arrivé de pleurer toutes les larmes de mon corps en mer. Je suis comme tout le monde, je n'aime pas avoir mal ni avoir peur. Je ne pars pas pour souffrir, mais je passe par la souffrance pour réaliser quelque chose de plus grand. La peur ne doit pas être inhibante, elle doit devenir une force qui va permettre d'être plus rigoureux, de ne rien laisser au hasard. Aujourd'hui, on a peur de l'échec, on ne veut pas prendre de risques, mais moi, je pense qu'il faut risquer pour obtenir. Il faut aussi passer par des moments de galère pour se révéler, se construire. Le bonheur, ce n'est pas forcément confortable. J'aime faire des efforts, travailler, essayer de m'améliorer, J'ai horreur des compliments, sauf quand ils viennent de ma famille, parce que je sais que c'est sincère. Eux, ils s'en fichent que je réussisse, que je sois dans la lumière."

Source : Psychologies, novembre 2007

Libellés :

12.11.07

Mille et un bonheurs

Sœur Emmanuelle a 99 ans et est désormais bloquée dans le lit de sa maison de retraite. Au soir de sa vie, elle nous offre ses méditations sur l'existence dans un livre en forme de dialogue, "Mille et un bonheurs". Extrait :
"Sur fond de douleur et d'insatisfaction, il faut savoir apprécier et goûter les mille petits bonheurs très simples qui s'offrent dans le cours d'une journée, du matin au soir. Ils se présentent comme une éclaircie, comme des rayons de soleil perçant un ciel orageux. Ce sont des bonheurs à regarder comme le sourire d'un enfant, le visage d'une personne aimée, les branches du figuier qui ploient sous le poids des fruits mûrs; (…) des bonheurs à déguster comme la coupe de champagne et les profiteroles au chocolat qu'on m'a offertes le jour de mes quatre-vingt-dixhuit ans: des bonheurs à partager comme une conversation profonde. Une lecture agréable ou la rencontre d'un ami cher. (…) Je ne crois pas que nos mille petits bonheurs puissent totalement apaiser notre soif de bonheur, notre aspiration à une plénitude. Dans nos mille petits bonheurs, il manque toujours quelque chose. Rien n'est parfait sur terre. Nos mille petits bonheurs ont la fragilité des choses de ce monde. Nos mille petits bonheurs ne résistent pas à l'usure du temps. Nos mille petits bonheurs ne durent pas mais ils nous donnent la force d'affronter joyeusement les difficultés de l'existence. (…)"
Source : La Vie, 08/11/07

Libellés :

2.10.07

L'homme le plus heureux du monde

Pour les neurobiologistes américains qui ont analysé très sérieusement son cas, l'homme le plus heureux du monde est le Français Matthieu Ricard. Ils ont étudié pendant trois heures son activité cérébrale au moyen d'un appareil d'imagerie par résonance magnétique. Verdict : une sérénité à toute épreuve. Il faut dire que Matthieu Ricard est moine bouddhiste, bras droit du dalaï-lama, son traducteur. Il est aussi le fils de Jean-François Revel, décédé en 2006. Il était au départ un brillant biologiste, mais a choisi de devenir moine. Il dit ceci : "Au final, c'est votre rapport mental au monde qui fait que vous êtes malheureux ou non. Vous devez vous poser cette question : mon bonheur dépend-il des autres ?"
Source : Courrier International, 02/08/07

Libellés :

3.9.07

Vivre poétiquement

Eric Reinhardt parle de son quatrième roman, "Cendrillon" :
"Comme l'a dit le sociologue Edgar Morin : "Face aux incertitudes du monde contemporain, la seule issue possible est de vivre poétiquement." C'est le sens de Cendrillon : réaffirmer l'importance du poétique dans nos vies, être attentif aux choses et aux êtres pour établir avec le monde une relation qui ne soit pas seulement de crainte, de défiance et de soumission, mais d'effusion, de complicité et de communion. Vivre poétiquement, c'est voir de la beauté où le regard convenu n'en voit pas ; c'est développer son imaginaire et ses facultés de réception et d'enchantement ; c'est attendre de soi-même chaque jour une minute d'éblouissement ; c'est regarder chaque matin avec le même intérêt la personne avec qui l'on vit depuis vingt ans ; c'est s'inquiéter comme d'un début de mort de n'avoir éprouvé aucune sensation depuis plusieurs jours…"
Source : Le Monde des Livres, 31/08/07

Libellés : ,

27.8.07

Adoptez la surf attitude

Le surf n'a cessé de montrer qu'il est plus qu'une discipline physique : une discipline de vie. Au moment où les vacances s'achèvent, voici les "sept leçons de la surf attitude", pour aborder la rentrée du bon côté :

1. Accepter les creux de la vague : il faut accepter de nager-ramer avant d'atteindre les belles vagues.

2. Prendre des risques et des coups : la prise de risque est permanente et les occasions de se blesser fréquentes.

3. Saisir le bonheur par intermittence : les surfeurs ont souvent une autre activité pour financer leur passion et donc leurs moments de bonheur.

4. Vivre en dauphin, éviter les requins : les surfeurs s'inspirent des dauphins, leur mouvement, leur intelligence, leur élégance, capables de dominer les requins.

5. Savoir se positionner dans l'adversité : le surfeur ne va jamais contre, il aborde les choses et les gens de côté.

6. Devenir le plus léger possible, ne jamais forcer : faire avec les éléments, toujours plus forts que soi, ne pas vouloir faire sa vie, mais avec elle.

7. Croire en des forces supérieures : c'est le "sentiment océanique", et la "sensation d'éternité" qu'il suscite. Une vague dure quarante secondes, mais le surfeur s'en souvient pendant dix ans.

Bonne rentrée à tous !

Source : L'Alsace, 19/08/07

Libellés :

19.3.07

Rien de grand ne peut se faire sans idéal

Le philosophe Michel Lacroix vient de publier " Avoir un idéal, est-ce bien raisonnable ? ". Il explique pourquoi il reste idéaliste :
" Je pense que rien de grand ne peut se faire sans idéal. Il permet une intensité de vie, d'action, impossible sans lui. Cette façon de s'ancrer dans le monde tout en ayant la tête ailleurs, dans l'univers de la pensée, c'est, à mon sens, ce qui fait la grandeur et la liberté de l'homme. Si nous arrivons à maintenir cette double vision de l'existant, sans nous détourner du réel - le grand problème de l'idéalisme traditionnel - ni sombrer dans un matérialisme à courte vue, nous disposerons d'un merveilleux instrument pour jouir de la réalité et la changer peu à peu, conformément à notre idéal. (…) En fait, deux stratégies s'offrent à l'idéaliste : rêver, pour continuer à vivre dans l'idéalité et nourrir son imaginaire, ou agir, afin d'élever le réel au niveau de l'idéal. Mais l'idéalisme donne souvent plus envie de rêver que d'agir concrètement. Que puis-je faire pour me décider à agir ? Peut-être prendre conscience que mon idéal s'épanouira mieux si, au lieu d'être rêvé dans la solitude, il est partagé avec les autres. Au contact de mes semblables, il me sera plus facile de m'engager dans l'action. " Son mot d'ordre est finalement : " la tête dans les étoiles, mais les pieds sur terre ".
(Psychologies, février 2007)

Libellés :

9.3.07

Nous avons besoin de faire des pauses

La philosophe et psychothérapeute Nicole Prieur au sujet de notre besoin de faire des pauses :

" L'adulte s'imagine que s'il s'extrait du monde un moment, celui-ci va cesser de fonctionner. L'autre réalité, c'est que de nos jours, nous sommes constamment stimulés, les images, les médias, la publicité sont autant d'agressions dirigées contre cet univers intérieur dans lequel nous n'allons plus guère avec naturel. Le besoin de communication, le téléphone qui sonne partout, à n'importe quel moment et n'importe où, font qu'il existe maintenant moins de temps, moins de lieux, moins de moments où l'on peut s'extraire. On est toujours en lien avec quelque chose et l'air du temps ne fait qu'accélérer ce processus. Il est de plus en plus difficile de se mettre aux abonnés absents, voire simplement de couper son téléphone, car on se l'autorise de moins en moins. Nous nous trouvons dans un tel contexte d'efficacité, de rentabilité, que si nous osons nous donner une heure de rêverie, nous nous percevons comme fautifs. Cela n'est pas bon. Il existe des constantes identifiées par des équipes de neuroscientifiques selon lesquelles nous connaissons un rythme intérieur. Ces moments de retraits qui nous conduisent à aller puiser dans notre provision énorme de ressources personnelles nous permettent aussi de retrouver notre rythme psychologique, notre rapport au temps psychologique qui n'a rien à voir avec le temps chronologique. Tout cela nous manque. "
(La Croix, 24-25/02/07)

Libellés :

5.3.07

On ne se connaît que dans l'action

La journaliste et écrivain Geneviève Jurgensen au sujet des CV des candidats à la présidentielle :

" L'histoire n'est pas là pour aider Ségolène Royal, elle n'a pas davantage aidé Bill Clinton. Car ce n'est pas d'étudiants brillants qu'on manque. Yale, Oxford, l'ENA, Normale-Sup, Polytechnique et tout le reste en déversent sur le monde chaque année par milliers. Mais des hommes de caractère ? Des hommes de coeur, de discernement, d'intuition ? Des visionnaires, braves, généreux, culottés, malins, solides, énergiques, audacieux, subtils, réactifs, tenaces, riches, ces hommes-là, où font-ils aujourd'hui leurs preuves ? Je lisais la notice biographique d'un compagnon de la Résistance qui vient de mourir, André Postel Vinay. Lui aussi accomplit, avant la guerre, un superbe parcours scolaire et universitaire. Mais c'est la guerre qui le révéla et on reste muet à la lecture de ses faits d'armes pendant les années terribles. Pour démontrer leur aptitude à comprendre un monde et à y guider un peuple, les candidats d'aujourd'hui n'ont que des diplômes, qui ne prouvent rien. On se raccroche alors, à des signes, des gestes… (…) Bien né ou pas, on ne se connaît finalement que dans l'action. "
(La Croix, 24-25/02/07)

Libellés :

13.2.07

Ce qui rend les gens heureux

Le docteur David Servan-Schreiber : " La « psychologie positive » est révolutionnaire en ce qu'elle s'intéresse à ce qui rend les gens heureux. Son objectif est de développer la capacité d'aimer et d'être aimé, de donner du sens à nos actions, d'être responsables de ce que nous pouvons changer, d'être résilients face à ce que nous ne pouvons pas éviter. Le programme de recherche internationale sur la capacité des moines tibétains à se remplir d'émotions positives est une belle illustration de cette nouvelle psychologie. Par la pratique, ils montrent qu'il est possible d'entraîner le cerveau vers un bonheur hors norme… Pour ceux d'entre nous qui ne seront jamais moines, les premières grandes études de la psychologie positive ouvrent des perspectives plus facilement praticables : elles nous demandent, par exemple, de noter dans un journal les événements les plus positifs que nous avons vécus et comment nous y avons contribué. Après seulement six semaines, la satisfaction que nous procure notre vie s'est considérablement améliorée. La simple poursuite du « plaisir », selon le psychologue américain Seligman, ne conduit pas à un bien-être durable. Ce qui construit le bonheur, ce serait " l'engagement " - dans une relation amoureuse, une famille, un travail, une communauté - ou " donner du sens à son action " : se servir de ce que l'on a de mieux en soi pour contribuer au bien-être des autres. Mais le message le plus important de la nouvelle psychologie reste sans doute (…) : nous avons tous en nous une aptitude naturelle au bonheur et, dans une large mesure, il nous appartient de décider si nous allons, ou non, lui donner sa chance. " (L'Alsace, 31/12/06)

Libellés :

5.2.07

Qu'est-ce qu'un bon leader ?

Le professeur d'université américain Robert Sternberg, spécialiste de l'intelligence : " Je considère qu'une des principales missions de l'université est de former nos futurs leaders. Or qu'est-ce qu'un bon leader ? Il doit être intelligent, et plus précisément posséder les trois formes d'intelligence : la créativité pour trouver des idées, l'intelligence analytique pour s'assurer qu'elles sont bonnes, l'intelligence pratique pour les faire accepter et appliquer. Mais l'histoire, ancienne et contemporaine, nous fournit nombre d'exemples de leaders intelligents qui ont conduit leur pays à la catastrophe - parce que, d'après ma théorie, il leur manquait un facteur essentiel : la sagesse ! J'ai donc identifié les cinq manquements à la sagesse les plus marquants des mauvais leaders : un optimisme irréaliste, l'égocentrisme, la conviction de tout savoir, le sentiment de toute-puissance et celui d'invulnérabilité, d'invincibilité. A terme, je compte introduire un enseignement de la sagesse, s'appuyant sur la recherche scientifique dans ce domaine - et évaluer l'apport de ce nouvel enseignement à l'issue d'un premier cycle à Tufts. " (Sciences Humaines, février 2007)

Libellés :

18.1.07

Les moments de déséquilibre rendent plus fort

L'aventurier Bertrand Piccard, auteur du tour du monde en ballon : " Je suis médecin psychiatre de formation et j'ai toujours été passionné par l'étude du comportement humain. Que recherche l'homme ? A contrôler, à avoir le pouvoir, à organiser, c'est-à-dire à lutter contre le changement et l'inconnu. Nous avons peur des crises, de ce qu'on ne peut maîtriser. Or l'aventure, c'est précisément l'inverse, c'est un moment de rupture, où pour survivre, on est contraint de se remettre profondément en question, de dépasser sa peur du changement et de l'inconnu pour aller chercher en soi des valeurs, des sources d'inspiration ou de courage que l'on ne soupçonnait pas. Et tout à coup, un potentiel incroyable se révèle que l'on n'a jamais appris à utiliser. J'ai compris peu à peu que les seuls vrais enseignements de la vie, ce sont les moments où l'on est en situation de déséquilibre, de rupture, de perte de contrôle, ces moments où l'on est confronté à l'inconnu. Ce qui m'a toujours motivé pour partir, ce sont justement ces moments où l'avenir est une page blanche qu'il faut remplir comme un artiste. " (Enjeux Les Echos, janvier 2007)

Libellés :

12.1.07

La confiance comme remède

L'écrivain Eric-Emmanuel Schmitt et sa philosophie de vie : " Le monde est dur et nos vies finissent mal, mais je refuse de consentir à la dureté et à la violence du monde. Le pessimiste est celui qui consent à la laideur du monde, tandis que l'optimiste la voit mais continue à chercher la lumière. Jamais nos vies, en Occident, n'ont été aussi longues, aussi sécurisées. C'est la crise intérieure de l'homme d'aujourd'hui qui se vit seul sur Terre. Devant cette crise subjective, cette misère spirituelle, j'essaye de transmettre ma confiance dans l'existence. C'est ma façon d’habiter le mystère. " (La Vie, 21/12/06)

Libellés :

10.1.07

Le sommeil n'est plus ce qu'il était

L'éditorialiste Laurent Greilsamer expliquait récemment que dormir, c'est désormais perdre son temps, accepter d'interrompre le fil de la vie. " La vérité éclate : le sommeil réparateur a fait son temps. Le sommeil, cette recette magique du bon médecin de famille d'autrefois, est dépassé. Il ne s'agit pas de vivre la nuit, mais de vivre ses nuits à la même cadence que ses jours, de faire reculer la nuit, de l'annuler. C'est notre dernière frontière ! Un peu de volonté, que diable ! Jadis, l'insomnie était vécue comme une torture, une angoisse que l'on taisait. L'insomniaque se désolait de ne pouvoir dompter le sommeil. Il rêvait au moins de parvenir à dormir les yeux ouverts, tel le roi légendaire Endymion. Mais même ce luxe se dérobait à lui. Désormais, l'insomnie est un étendard, une fierté. Elle s'exhibe. Et les gros dormeurs se cachent, honteux. " Voilà une nouvelle conséquence de notre société de consommation et de tentations. Mais je reste convaincu que rien ne remplacera jamais une bonne nuit de sommeil réparateur. (Le Monde, 28/11/06)

Libellés :

9.1.07

Quand on doute, on vit

Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, psychanalyste et éthologue, au sujet de la religion : " Dans une émission à la télévision belge, on m'a un jour demandé comment j'écrivais le nom de Dieu. J'ai répondu " Noms de Dieux ". Car pour moi, Dieu est pluriel. Probablement parce que c'est ainsi que je l'ai appris, avec des morceaux chrétiens et juifs, comme les gens que j'ai aimés dans mon enfance. Mon Dieu à moi est fait de morceaux réconfortants. Il est hétérogène. C'est pourquoi toutes les religions m'intéressent. Cela m'a appris l'amour du doute, c'est-à-dire la haine du dogme quand on a un dogme, on récite, quand on récite, on meurt et on tue : c'est l'amour de la mort de tous les extrémistes. Les gens qui ne doutent pas me font peur. Dès l'instant où on doute, on vit. " (Le Monde des Religions, novembre-décembre 2006)

Libellés :

2.1.07

Se lever pour changer le monde

En ces premiers jours de l'année je ne peux que vous recommander la lecture du dernier livre d'Alexandre Jollien, " La construction de soi ". Ce jeune philosophe suisse met les grandes questions philosophiques à la portée de tous. Il parlait récemment de son livre avec ces mots : " Etre en lutte, c'est se lever le matin pour changer le monde. Demeurer dans la joie, c'est sans doute se réveiller le matin avec une question : " Qui, quel geste, quelle action va me rendre joyeux aujourd'hui ? " Cela ne nie pas les difficultés du quotidien. Au contraire, cette attitude nous permet de les affronter. Elle empêche la souffrance d'être le centre de notre vie. Loin de la naïveté, il s'agit d'habituer son regard à voir toute la réalité, le positif comme le négatif, le bien comme le mal. Chaque jour, nous nous imposons des responsabilités, des missions, des devoirs, au premier rang desquels celui d'être heureux. A mon sens, c'est lorsque l'on renonce à être heureux à tout prix qu'on le devient. Le véritable hédonisme, ce n'est pas renoncer à être heureux, c'est se libérer de la volonté de l'être. Spinoza me sert de guide : " Bien faire et se tenir en joie. " Pour moi, la morale peut tenir dans ces mots. " (Psychologies, novembre 2006)

Libellés :

3.12.06

Il est plus simple de vivre en aimant que sans aimer

Alain Valtier, spécialiste des thérapies du couple : " Les parents transmettent à leurs enfants un climat affectif : j'entends par là ce qui reste, devenu adulte, du vécu familial que l'on peut transmettre à son tour à ses enfants. Si les parents n'ont pas cessé de se faire la guerre, si on les a vus, très jeunes, se déchirer, se haïr, on sera évidemment moins bien armé pour surmonter les inévitables épreuves que traverse tout couple. L'amour est un héritage. Mais comme pour un héritage constitué de biens et d'argent, l'héritier en dispose ensuite à sa guise. Or le couple peut justement devenir ce laboratoire au sein duquel il est possible pour chacun des partenaires, jour après jour, de faire évoluer l'amour, de le transformer, de l'inventer, et donc de se démarquer du modèle parental. Et ce travail de longue haleine permet aussi de découvrir qu'il est vraiment plus simple de vivre en aimant que sans aimer. " (L'Alsace, 26/11/06)

Libellés :

29.11.06

L'amour est une construction

Alain Valtier, spécialiste des thérapies du couple : " L'attirance réciproque de deux êtres l'un pour l'autre est avant tout une énigme. Il faut tenir compte d'une part irréductible d'irrationnel dans le couple, et aussi dans cet amour censé le fabriquer et l'unir. J'ajouterais qu'il est nécessaire, pour que l'amour dure, de faire preuve de volonté. C'est-à-dire que même lorsque le coup de foudre nous tombe dessus, ce premier état ne dure pas. Pour l'entretenir, il y a régulièrement à se rappeler pourquoi nous avons choisi cet être-là, quelles qualités, quelles attitudes nous ont ému, nous ont plu en lui, pourquoi nous avons jugé qu'il nous était nécessaire. C'est exactement ce qui se passe dans les mariages organisés : peu à peu, à force de vivre ensemble, deux êtres liés à l'origine par des raisons de pouvoir ou d'économie peuvent développer, à partir de la reconnaissance des qualités de l'autre, un sentiment puissant. Car l'amour est une construction, il requiert un travail. " (L'Alsace, 26/11/06)

Libellés :

15.11.06

Internet : le meilleur ami de l'écrit

Christophe Barbier, le patron de L'Express, dans un récent édito : " Internet, après des années de doute, s'affiche comme le meilleur ami de l'écrit, quand les pessimistes dénoncent encore un tueur de mots stipendié par l'image et les sceptiques un gadget voué à l' « information de service » - programmes de télévision ou petites annonces. Aux Etats-Unis, 55,5 millions de lecteurs ont consulté chaque mois les sites des journaux lors du premier semestre de 2006, contre 42,4 millions l'an passé : + 31 % ! Avec, à la clef, une forte augmentation des jeunes lecteurs, puisque le Net, c'est aussi de l'écrit… Le cyclone Net n'a pas fini de chambouler la planète, de soulever des tourbillons d'incertitude et des vents d'aventure. Ce n'est pas une nouvelle technologie, mais une nouvelle façon de vivre l'économie, la culture, les médias, les rencontres… Ceux qui ignorent encore cette révolution, certes, parviendront à survivre. Comme, après l'invention de l'électricité, les fabricants de bougies surent ne pas disparaître. Pas tous. Pas tout de suite. " (L'Express, 19/10/06)

Libellés : ,

12.11.06

" Fragilité " de Jean-Claude Carrière

Une pépite de lecture à lire : " Fragilité "
L'AUTEUR : Jean-Claude Carrière est scénariste et écrivain.
LE GENRE : essai
L'EDITEUR : Odile Jacob, 288 p.
LE SUJET :
Nous sommes tous fragiles et de passage. Nous en prenons toujours plus conscience avec le temps qui passe, qui nous rapproche de la mort, cette condamnation inévitable. Après l'insouciance de la jeunesse, cette certitude nous accompagne au quotidien. Face à cela, il appartient à chacun de se fortifier, de s'abriter, de recourir à son imagination. Notre fragilité en est le moteur essentiel.
EXTRAITS :
"… Nous pouvons trouver presque partout, à l'origine de nos actions et peut-être même de nos pensées, cette source commune que j'appelle « fragilité ». Elle est comme un projecteur discret que nous pouvons allumer facilement et sans effroi, quand une lumière nous manque. Qu'elle soit évidente ou masquée, qu'elle soit refoulée et niée chez les amateurs de puissance, qu'elle soit d'abord perçue chez les autres comme par ceux qui pratiquent spontanément la charité, elle est là. Aucun doute. Nous pouvons à chaque instant y revenir, avec la certitude de la retrouver intacte. "

" Il faut l'admettre, le vrai nous fuit. Nous sommes à l'image de notre occupation du sol : nous avons perdu toute profondeur et nous ne vivons que dans la surface. Tandis que nos moyens d'analyser le monde, et de le modifier si nécessaire, se font chaque jour plus efficaces, nous refusons de voir comme nous refusons de faire. Obstinément, nous nous réfugions dans le faux-semblant, comme font les écologistes quand ils en viennent à la politique. Nous n'avons aucune perception de notre pollution intérieure, de la vermine qui ronge silencieusement notre esprit. Nous oublions pour quoi nous sommes là. Nous oublions même que nous sommes là. "

" Notre seule dimension d'envergure nous est apportée par l'imaginaire. Nous le savons depuis longtemps. Nous ouvrons à notre gré d'autres mondes, d'autres pouvoirs, d'autres perspectives, d'autres lumières. Mon imagination me présente un autre moi-même où ma réalité temporaire et dérisoire se transforme, par un déclic, en visions immenses… À ces moments-là, l'immortalité n'est plus une espérance. Elle est à nous… Voilà sans doute, avec l'amour, le meilleur remède à notre faiblesse. Et le plus ancien. "

" Restons curieux, et même vivons par curiosité. La planète en vaut la peine, même dans ce qu'elle a de plus cinglé, de plus loufoque. Essayons d'être surpris sans cesse, et de nous surprendre. Cela peut aller vers le pire, c'est vrai. Autant s'y attendre. Il faudra lutter contre. Aimons l'irrégulier, l'inattendu, le mal assuré, l'ondulant, le flexible, le prétendu frivole. Avançons-nous sans crainte dans les corridors de l'ambigu. Aimons quelquefois l'ignorance et méfions-nous de tous les prêcheurs. La Vérité majuscule est le parangon de nos illusions. Nous ne pouvons prétendre qu'à quelques petites vérités de passage, vite déclarées, toujours discutées, souvent oubliées. Nous devons préserver notre fragilité comme nous devons sauver l'inutile. L'inutile, parce qu'il nous sauve du simple calcul productif, maître du monde. Il nous permet de nous en évader, il est notre issue de secours. La fragilité, parce qu'elle nous rapproche les uns des autres, alors que la force nous éloigne. "
UN AVIS :
Ce livre est une bouffée d'oxygène dans nos vies étriquées, influencées par le flot incessant de l'actualité et la pression consumériste à l'œuvre en permanence. Réaliser pleinement que notre vie est fragile doit nous conduire à en faire une force pour l'action. Inutile de chercher un sens supérieur à tout cela, ce qui compte est de bien vivre, en se méfiant des vérités, en cultivant imagination et curiosité.
UNE NOTE : ++ : bon moment.

Libellés : ,