22.11.07

Des pratiques d'un autre temps

Vu ce soir le reportage de Manon Loizeau dans Envoyé Spécial consacré à l'assassinat de la journaliste russe Anna Politkovskaïa. Quel courage avait cette femme à s'exprimer et se montrer dans les situations les plus tendues. Elle a fini par le payer de sa vie. Et alors que Mikhaïl Gorbatchev avait décidé la fin des internements psychiatriques, ils se pratiquent à nouveau sous l'ère Poutine. Manon Loizeau a pu rencontrer un journaliste interné depuis février dernier avec les pires des criminels. Son père a lu devant la caméra l'ordre d'internement : tout simplement hallucinant ! Telle est la réalité sordide qu'ont à supporter les Russes aujourd'hui.

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20.11.07

Le monde a besoin de la Russie...

Mikhaïl Gorbatchev, ancien maître du Kremlin et prix Nobel de la paix, évoque son pays :
"Le pays s'est redressé, il va de l'avant. Mais, si nous y parvenons, c'est davantage avec l'aide de Dieu qu'avec celle de nos amis occidentaux. Le moins que l'on puisse dire, c'est que, à l'Ouest comme à l'Est, on ne s'est guère préoccupé de nous pendant la dernière décennie. Nous avons même eu l'impression que l'Occident applaudissait quand cela allait mal chez nous. Que veut l'Occident? Le magazine L'Express serait-il satisfait si la Russie était à genoux? Je suis très content que Boris Eltsine ait quitté le pouvoir avant le terme de son mandat. Maintenant, la Russie relève la tête. Mais elle reste la Russie, avec son expérience, sa culture, son histoire. Son absence dans les grands arbitrages internationaux s'est fait cruellement sentir. Il est de l'intérêt du monde entier que la Russie revienne sur la scène mondiale, et la Russie s'en montrera capable. Parmi les élites sérieuses, personne ne parle de la renaissance d'un empire. Mais nous avons vocation à demeurer une grande puissance, un partenaire stable et fiable."
Source : lexpress.fr, 08/11/07

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29.10.07

La guerre est partout

L'anthropologue de la violence et du religieux René Girard, de l'Académie française :
"Les guerres mondiales avaient marqué une étape dans la montée aux extrêmes. Le 11 septembre 2001 a été le début d'une nouvelle phase. Le terrorisme actuel reste à penser. On ne comprend toujours pas ce qu'est un terroriste prêt à mourir pour tuer des Américains, des Israéliens ou des Irakiens. La nouveauté par rapport à l'héroïsme occidental est qu'il s'agit d'imposer la souffrance et la mort, au besoin en les subissant soi-même. Les Américains ont commis l'erreur de « déclarer la guerre » à Al-Qaeda alors qu'on ne sait même pas si Al-Qaeda existe. L'ère des guerres est finie : désormais, la guerre est partout. Nous sommes entrés dans l'ère du passage à l'acte universel. Il n'y a plus de politique intelligente. Nous sommes près de la fin."
Source : lepoint.fr, 18/10/07

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12.10.07

Nous savons presque tout, mais nous ne pouvons presque rien

Au moment où, loin des caméras, la répression systématique se confirme en Birmanie, les récents mots de Christophe Barbier deviennent encore plus lourds de sens : "La frontière d'une dictature n'est plus aujourd'hui ce miroir sans tain derrière lequel souffraient les peuples, sans voir notre compassion ni entendre nos encouragements : les courants d'air d'Internet, vent pour la voile des révoltés, portent désormais notre soutien. Ils savent que nous savons presque tout, mais ils comprennent que nous ne pouvons presque rien. (...) Las ! le monde démocratique est un jeune Hercule qui s'ignore et se croit faible pour ne pas s'avouer lâche : il doit et peut étrangler ces deux serpents, impuissance et fatalisme, et intervenir en Birmanie. La France, qui inventa le droit puis le devoir d'ingérence, a pour ardente obligation de prendre la tête de cette lutte. Rien n'est plus difficile, car il faut tout réinventer dans le combat pour les libertés, où sont mortes bien des illusions. (...) La seule solution est de répandre la vérité sur le monde. Il faut montrer les oppressions, dans toute la sobriété du mal, les rendre insupportables au monde et à cette conscience démocratique, mélange d'humanisme et de bien-être, de civilisation et de confort, qui gagne pas à pas la planète. Que le bonheur de chacun ne puisse être complet tant qu'un Birman souffre en son pays, par la faute de son pays. Et demain un Chinois, un Coréen, une Iranienne, un Cubain..."
Source : L'Express, 03/10/07

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1.8.07

Une pensée pour les otages

En ce 1er août, au cœur de l'été français, la préoccupation de beaucoup se résume aux vacances et à la météo. Les spécialistes nous disent que ce mois va être beau. A cet instant, j'ai envie d'avoir une pensée pour d'autres, qui cherchent eux à sauver leur vie : les otages sud-coréens des Talibans en Afghanistan. Imaginez un instant l'état de terreur dans lequel ils se trouvent : cachés quelque part dans un lieu glauque à se demander qui sera la prochaine victime injuste de ces extrémistes. Deux des leurs ont déjà été froidement exécutés. Quelles peuvent être leurs pensées dans ces circonstances ? Et tout cela semble se passer dans une sorte d'indifférence internationale. Nos petits soucis apparaissent bien dérisoires face à cette détresse.

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7.3.07

La guerre en Irak a accéléré l'Histoire

François Heisbourg, le Président de l'Institut international des études stratégiques de Londres au sujet du leadership américain dans le monde :

" On assiste à l'effacement de l'hégémonie américaine. La fin de la guerre froide a imposé les Etats-Unis comme la seule superpuissance et a conduit en même temps à leur perte de pouvoir. Tant qu'ils avaient un rival, il y avait deux camps et Washington pouvait compter sur des alliés naturels, un réseau permanent d'alliances en Europe, en Asie orientale, en Amérique latine. Aujourd'hui, il n'y a plus de menace étatique équivalente. Le temps des alliés permanents à responsabilité mutuelle illimitée et à champ géographique limité laisse place à des partenariats d'occasion dans des formats variant selon chaque crise. La chute du mur de Berlin a aussi accéléré la mondialisation et augmenté la volatilité des relations internationales. Les processus en termes de prise de décision et d'application de ces décisions dans la durée sont devenus beaucoup plus visqueux. Du coup, les États-Unis ont perdu leur capacité à structurer le système international. Au-delà de l'anglosphère qui rassemble par habitude certains pays anglophones, il n'y a plus grand monde. La guerre en Irak le montre bien. Ce conflit a accéléré l'Histoire et provoqué en quelques mois un processus qui aurait dû se dérouler sur dix ou vingt ans. "
(La Croix, 23/02/07)

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17.2.07

Pourquoi pas une femme ?

Solange Koné, femme publique du Kénya, au sujet des plaies de son continent, l'Afrique : " Les femmes, encore maintenues dans un état de soumission, sont les premières touchées par les conflits. Le viol est utilisé comme arme de guerre. Elles sont victimes également des croyances, qui les poussent à accepter les mutilations sexuelles. La femme continue d'être privée des bénéfices de la modernité au profit de l'homme. En parallèle, ces dernières années, avec l'arrivée de femmes à la tête de ministères, l'élection de la première Africaine présidente, Ellen Johnson Sirleaf, au Liberia, les choses commencent à changer. En premier lieu parce que la population s'est rendu compte que les institutions fonctionnent mieux lorsqu'elles ont une femme à leur tête. De plus, certaines associations de femmes jouent un rôle important dans la résolution de conflits sur le continent. (…) C'est le sens de la campagne « Pourquoi pas une femme ? », lancée par la Coalition des femmes leaders de Côte d'Ivoire et qui rencontre un certain succès. Il faut désormais que les Africains s'habituent à l'idée qu'une femme soit, par exemple, à la tête d'une coopérative agricole ! Les mentalités évoluent. Lentement, mais elles évoluent… " (La Vie, 11/01/07)

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3.2.07

Le terrorisme est issu de l'extrême pauvreté

Le Prix Nobel Muhammad Yunus et sa vision du terrorisme : " La question du terrorisme ne peut pas être résolue par l'action militaire. Il faut s'attaquer aux racines du mal, qui puisent souvent dans un profond sentiment d'injustice. Injustice économique, politique, sociale, religieuse… Cette injustice peut être réelle ou le résultat d'une perception, il reste qu'elle est renforcée et nourrie par les difficultés économiques. Il est facile de convertir au terrorisme ceux qui sont exaspérés parce que privés de tout. Le fanatisme est directement issu de l'extrême pauvreté : en échange de trois repas par jour et d'un pistolet, les gens sont prêts à combattre qui vous voulez sans se poser de questions. En revanche, quand la situation économique des populations s'améliore, il devient plus difficile de les convertir au fanatisme. Le terrorisme ne présente aucune rationalité ; c'est une forme de combat complètement irrationnelle. Quand les moyens rationnels leur semblent inopérants, les gens versent dans cette irrationalité. C'est pourquoi le terrorisme fait partie intégrante du système d'injustice. " (lexpress.fr, 11/01/07)

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15.1.07

Géopolitique : nos représentations traditionnelles bouleversées

Extraits du dernier éditorial de Jean-Marie Colombani, patron du Monde : " Une tendance lourde est apparue, de celles qui bouleversent notre avenir : l'organisation géopolitique de la planète non plus selon le traditionnel rapport de force Nord-Sud, mais cette fois bel et bien Sud-Sud. Ce sont des pays dits "émergents", les puissances de demain (Chine, Inde, Brésil), qui, ayant pris le chemin de la croissance et du développement, ont commencé de s'organiser hors des directives et des impulsions venues du Nord, de nos pays.

Un événement, qui a paru sur le moment presque anecdotique, fait figure de symbole de ce renversement au profit d'une dynamique Sud-Sud : le sommet qui a réuni à Pékin les principaux pays d'Afrique. La mondialisation, c'est d'abord cela. Non pas seulement un geste politique qui symbolise la puissance montante, commerciale, de plus en plus financière et politique, de la Chine, mais aussi le signe annonciateur d'un moment où les pays émergents cesseront d'être notre périphérie pour devenir les moteurs de la croissance mondiale, et les acteurs d'une nouvelle géopolitique dont nous tardons à prendre conscience tant elle bouleverse nos représentations traditionnelles. Nouveauté qui, rapportée à notre point de vue de pays du Nord développé et riche, se traduit par la perte de "monopoles" traditionnels.

- La perte du monopole de la richesse. Américains et Européens s'y étaient habitués : le monde développé, c'était ici, chez nous. Les autres s'efforçaient de nous rattraper ou, à la suite de l'URSS, s'épuisaient dans l'expérimentation peu concluante, voire désastreuse, d'autres modèles. (…)

- La perte du monopole des classes moyennes. Le phénomène va devenir massif, avec l'accession au bien-être matériel, traduit par un revenu par tête moyen comparable à celui du Nord, de centaines de millions de personnes. Et une première manifestation de cette évolution : le bonheur des uns (les nouvelles classes moyennes) semble alimenter le mal-être des autres (les nôtres). (…)

- La perte du monopole de l'impérialisme économique. C'est principalement de la Chine qu'il est question. Pékin se comporterait en Afrique en prédateur de matières premières, vendeur de produits made in China et soutien de régimes dictatoriaux et corrompus. La Chine est en effet en passe de déployer sur le continent africain un néocolonialisme qui n'a rien à envier à celui des Européens ou des Américains. (…)

- La perte, enfin, du monopole du récit sur le monde. C'est nous qui racontions l'histoire à travers le prisme de nos préjugés ; ce sont nos agences de presse, nos télévisions, nos magazines, nos journaux qui dominaient le monde des médias. Instrument de pouvoir, cette prépondérance médiatique n'est plus. Elle est malmenée par la Toile et concurrencée par les chaînes de télévision du Proche-Orient, d'Asie, qui racontent à leur tour l'histoire à l'aune de leur perception, c'est-à-dire à travers le prisme de leurs préjugés, et ceux de leurs pays. L'empire CNN est contrebalancé, et même contredit, par l'empire Al-Jazira. Les frontières de la bonne - et de la mauvaise - conscience vont donc elles aussi changer. " (lemonde.fr, 30/12/06)

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16.11.06

Chine et Inde : quel avenir ?

L'essayiste et journaliste Thomas Friedman vient de publier " La Terre est plate ", le dernier livre dont tout le monde parle. Au sujet de la Chine et de l'Inde, il emploie ces comparaisons : " Quand je vais en Chine, les gens m'interrogent sur l'Inde. Quand je vais en Inde, ils me posent des questions sur la Chine. Si on veut trouver une image, on peut imaginer que ces deux pays sont sur deux grandes autoroutes. La chinoise a six voies. La chaussée est impeccable et les bas-côtés aussi. Il y a de l'éclairage. Les véhicules avancent très vite (…). Il y a un seul problème à l'horizon : un énorme ralentisseur appelé réformes politiques. Il n'y a pas dans l'Histoire de précédent de pays développé sans démocratie et sans pouvoir donné à la classe moyenne artisane du développement économique. La Chine n'échappera pas à cette règle. L'autoroute indienne est elle aussi à six voies. Mais la chaussée est couverte de nids-de-poule et de failles, les bas-côtés sont en chantier et il n'y a pas d'éclairage. Néanmoins, à distance, il semble que la chaussée s'améliore, les bas-côtés sont finis. Il faut seulement arriver jusque-là. Nous ne savons pas aujourd'hui si la voiture chinoise va exploser sur les réformes politiques ou passer sans encombre, et si l'avenir radieux de L'Inde est un mirage ou pas. " (Le Monde 2, 14/10/06)

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13.11.06

Où est passé l'espoir né le 9 novembre 1989 ?

Le journaliste Bernard Guetta fête presque avec nostalgie l'anniversaire de la chute du mur de Berlin : " Où sont passés la joie, l'espoir, l'ivresse de ce moment ? Le 9 novembre 1989, le mur de Berlin tombait et le monde voyait déjà se dessiner un «nouvel ordre international», fondé sur la liberté, le droit et la concertation. Dix-sept ans plus tard, ce rêve a fait long feu. Ce n'est pas que tout serait noir en ce début de siècle. On y voit même la République démocratique du Congo organiser des élections régulières après quatre années de guerre et de massacres ; toute l'Afrique subsaharienne pourrait en être stabilisée. Et, plus sûrement, sous nos yeux, l'Europe centrale rattrape son retard économique, l'Asie sort de la misère absolue, l'Amérique latine vote à gauche sans crainte de voir revenir le temps des putschs. Tout n'est pas noir, certes, mais rien de tout cela ne peut faire oublier le vide, l'incertitude, le chaos dans lesquels nous plongeons chaque jour un peu plus. L'Europe est en panne, au moment même où l'Amérique, paralysée sur la scène internationale par son aventure irakienne, doit maintenant attendre sa prochaine présidentielle, dans deux ans, pour redéfinir ses politiques. L'Occident est au point mort, alors que la concurrence des pays émergents malmène ses économies, que la Corée du Nord et l'Iran se dotent de la bombe atomique, que le radicalisme ne cesse de marquer des points dans le monde arabo-musulman, que la Russie est en situation de remettre la main sur son empire et qu'on ne peut plus monter dans un avion avec un tube de dentifrice tant l'ombre du terrorisme obscurcit l'horizon. Tout n'est pas noir, en somme, mais l'imprévisibilité de ce temps ferait presque regretter l'équilibre de la terreur… " (lexpress.fr, 09/11/06)

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14.10.06

Comment nous protéger contre le terrorisme ?

" Le terrorisme et la criminalité organisée menacent nos démocraties. Il faut à la fois être efficace et respecter nos valeurs fondamentales. Cela passe par une affirmation claire du caractère judiciaire de la conduite des enquêtes et de la recherche des preuves, sous la direction et le contrôle des magistrats, à la différence des activités de renseignement et de prévention. (…) Certains veulent s'inscrire dans la logique des législations anglo-saxonnes de contrôle généralisé qui donnent tout pouvoir aux autorités policières avec un contrôle judiciaire lointain (Patriot Act aux Etats-Unis, garde à vue de vingt-huit jours en Grande-Bretagne), au nom d'un « droit pénal de l'ennemi ». Il faut refuser cette dérive, car la France et des pays de la « vieille Europe » tels l'Espagne ont montré qu'ils pouvaient parfaitement faire preuve d'une grande efficacité sans renier leurs principes. C'est tout le débat actuel au sein des pays de l'Union européenne. " Dixit le magistrat et professeur Jean-Paul Jean. Dans ce domaine, l'idée du fichage génétique de masse commence à faire débat. (Le Monde, 26/09/06)

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12.10.06

Contre l'idée du choc des civilisations

" La genèse de la haine, c'est l'humiliation. Pourquoi de jeunes Pakistanais, ayant grandi en Grande-Bretagne, ayant joui de tous les avantages de cette société développée, sont-ils devenus des kamikazes ? Peut-être parce qu'un jour, dans un bus, quelqu'un les a traités de " sales bougnoules " Leur idéal d'intégration s'est alors écroulé. (…) Comment refermer la boîte de Pandore ? Nous n'avons pas cessé de mentir, de manipuler. Je n'accepte pas l'idée d'un « choc des civilisations ». La civilisation n'est pas orientale ou occidentale, elle est humaine. L'Occident n'est pas moderne, il est riche. L'Orient n'est pas arriéré, il est pauvre. Il est plus juste de parler d'un choc d'incivilités, de terribles maladresses. " Dixit l'écrivain algérien Yasmina Khadra. (La Vie, 07/09/06)

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11.10.06

Pascal Lamy pour un monde meilleur

Le français Pascal Lamy est le directeur général de l'OMC. Son idéal personnel : " Quitter le monde avec l'idée qu'il est un peu moins mauvais que quand j'y suis arrivé. " Beau programme. (Challenges, 31/08/06)

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25.9.06

Un monde plus chaotique

" Le monde de la guerre froide avait ses règles. Le monde de l'après-guerre froide était à la recherche d'un principe de fonctionnement que les plus optimistes pensaient avoir trouvé dans le " droit d'ingérence ". Une expression équivoque mais qui résumait bien l'aspiration à un système plus juste où ne régnerait plus la loi du (des) plus fort, où la souveraineté des Etats ne serait plus l'alibi de l'inaction face aux violations des droits de l'homme, où le refus de la guerre ne serait pas la feuille de vigne des politiques d'apaisement. Cinq ans après les attentats du 11 septembre 2001 et la stratégie choisie par les Américains pour y répondre laissent un monde plus chaotique, moins sûr, dépourvu aussi bien de l'implacable logique de l'antagonisme entre deux blocs, comme au temps de la guerre froide, que des bienfaits un peu iréniques attribués au règne du droit international… La coupure du monde en deux, qui était le propre de la guerre froide, menace à nouveau, cette fois entre l'Occident et le monde musulman. Les extrémistes des deux bords s'y résignent quand ils ne le souhaitent pas. Les grandes déclarations sur le refus du " choc des civilisations ", répétées pour conjurer le sort, ne sont pas pour l'instant d'un grand secours… Les " réalistes " souhaitaient qu'une sorte de Congrès de Vienne réorganise le monde après l'implosion de l'empire soviétique comme celui de 1815 avait réorganisé l'Europe après la défaire de Napoléon. Cinq ans après le traumatisme du 11 septembre 2001, c'est plus que jamais le règne du chaos, dans lequel l'ONU a bien du mal à mettre un peu d'ordre. Malgré la légitimité qu'elle tire de son universalité, comme dit Jacques Chirac, elle reste tributaire du bon vouloir des grandes puissances et de leur contestation. " Dixit l'éditorialiste Daniel Vernet. (lemonde.fr, 12/09/06)

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23.9.06

Xavier Niel, empêcheur de tourner en rond

" Dans la vie, on a besoin d'une maison, d'une voiture, après soit on achète des oeuvres d'art et on les regarde, soit on a envie que ça aide les gens. " Dixit Xavier Niel, le fondateur de Free, deuxième fournisseur d'accès en France. Son plaisir : faire la guerre aux monopoles. Début septembre, Challenges vient de le classer parmi les 100 hommes qui font le monde. Sa fortune est faite et il a maintenant offert une partie de ses actions à des associations caritatives. (lemonde.fr, 14/09/06)

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22.9.06

L'utopie d'Albert Jacquard

" Aujourd'hui, plus que jamais, l'utopie est un devoir. " Dixit le scientifique Albert Jacquard, qui publie " Mon utopie " chez Stock. (Le Monde, 14/09/06)

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20.9.06

Menace terroriste

" Le niveau de menace est plus élevé qu'il ne l'a jamais été. Pour autant, en France, nous constatons sur les quarante dernières années une réduction significative du nombre d'actions, ce qui va plutôt à l'encontre de l'intuition. En fait, c'est la dangerosité des actes terroristes - en nombre de victimes - qui est en augmentation. La proportion des attentats cherchant à tuer ou tuant est, elle, en forte progression. Les statistiques et les comparaisons mondiales sont délicates. Tout est affaire de définition : quand des Tchétchènes tirent sur un hélicoptère russe, est-ce un acte terroriste ? Est-ce la guerre ? Pour tourner la difficulté, j'ai recherché l'acte terroriste le plus meurtrier dans le monde chaque année, depuis 1969. Il s'avère que l'ampleur des dégâts humains augmente tendanciellement… Le défi n'est donc pas spécialement occidental. Mais il faut partir du principe que, malgré la qualité des mesures de prévention, nos sociétés devront faire face à des actes extrêmement durs. Seule bonne nouvelle : les personnes dont la vocation est d'éliminer leur prochain sont relativement peu nombreuses. Et cette minorité a, heureusement, infiniment de mal à se constituer en porteuse d'une représentativité sociale. Au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en France, les djihadistes sont d'une certaine façon si peu représentatifs de la communauté dont ils prétendent se prévaloir que certaines de leurs recrues les plus inquiétantes sont ce qu'on appelle les "convertis". Ainsi la première femme kamikaze en Irak était-elle une Belge flamande. " Dixit François Heisbourg, le patron de l'Institut international d'études stratégiques à Londres. (lemonde.fr, 10-11/09/06)

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18.9.06

Les propos critiquables du Pape

" Le monde musulman a les nerfs à fleur de peau. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, il vit, plus peut-être que les Occidentaux, sous le choc. Il a le sentiment d'être en accusation permanente. La guerre en Afghanistan n'a pas été comprise. La Palestine reste une plaie ouverte, et l'invasion de l'Irak a donné un signal fatal. Bush a employé le mot de croisade. Quel mépris, quelle blessure pour plus d'un milliard d'habitants de la planète ! Car les croisades n'ont pas grandi l'Occident… Bien entendu, le pape n'a pas voulu jeter de l'huile sur le feu. Dans sa Bavière natale, où il revenait pour la première fois depuis son élection, on peut supposer que Benoît XVI a oublié le contexte mondial pour se laisser entraîner, non sans gourmandise, sur son terrain favori, la théologie. Ses propos sont mesurés mais critiquables… " Extrait de l'édito de Patrick Fluckiger. (L'Alsace, 17/09/06)

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8.9.06

Ben Laden vu en Robin des Bois

" Toutes les lectures faites en termes de choc des civilisations et de nouvelle guerre mondiale sont, au mieux, des métaphores, ou, au pire, des illusions idéologiques. Elles mènent à l'intervention militaire en Irak, qui, à mon avis, se révèle de plus en plus catastrophique, étant donné que l'objectif était d'asséner un coup au terrorisme international. Car il faut bien admettre que ça ne marche pas… L'enjeu n'est pas Al-Qaeda, mais les masses musulmanes. Elles sont gagnées par l'exacerbation, sous la forme d'une victimisation («Le terrorisme que vous, Occidentaux, subissez n'a rien à voir avec les guerres que vous nous infligez, si l'on regarde le nombre des victimes, etc.», ou bien «Vous refusez l'islam, vous êtes des impérialistes», d'où le débat sur la mémoire coloniale, qu'on ne peut pas, à mon sens, détacher de la crise actuelle). Les réactions des opinions musulmanes sont complexes : elles sont à la fois défensives - comment se démarquer du terrorisme, affronter la question de ce qu'est l'islam aujourd'hui - et empreintes de fascination, chez les jeunes en particulier. A leurs yeux, Ben Laden, c'est Robin des bois ou Che Guevara. " Dixit le chercheur Olivier Roy, auteur de " L'Islam mondialisé ". (lexpress.fr, 17/08/06)

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