6.11.07

Les ravages du court-termisme au travail

Le sociologue et historien américain Richard Sennet :

"Dans le capitalisme moderne, le travail est au fondement de l'identité. Mais ce fondement est devenu obscur ces dernières années. D'abord parce que l'on change fréquemment de métier, en particulier dans l'univers high-tech, que j'ai beaucoup étudié. (…) Les managers que j'ai interviewés ne veulent pas être à ce point des caméléons. Pourtant, ceux-ci étaient enthousiastes, il y a quinze ans, à l'idée d'abandonner une certaine bureaucratie pour les projets à plus court terme. Mais ce court-termisme a des conséquences néfastes sur la construction de soi : comment développer une histoire de vie dans une société composée d'épisodes et de fragments ? La capacité à laisser en arrière son passé, l'acceptation de la fragmentation sont deux traits de caractère qui permettent de bien survivre dans ce système. (…) Mais de manière générale, ils sont très peu partagés, même parmi les jeunes générations. Ce court-termisme a aussi des conséquences négatives sur les relations aux autres. Il entame la confiance, la loyauté et l'engagement mutuel, toutes valeurs importantes dans la sphère privée mais qui ne permettent pas de réussir dans l'univers professionnel actuel."
Source : Enjeux, octobre 2007

Libellés :

Anonymous Anonyme a écrit...

Sur ce thème, du moins celui du travail dans notre société hyper concurrentielle, un très bon documentaire actuellement en salle (une douzaine de salle en France ! Si si c'est possible) : "J'ai très mal au travail".
Histoire de prendre un peu de recul sur notre quotidien, et peut-être de prolonger une réflexion qui ne date pas d'hier, du style "Quelle place suis-je prêt à laisser au travail dans ma vie ?"

7/11/07 12:19  

Enregistrer un commentaire

<< Page principale