29.1.08

Vies parallèles dans un monde virtuel

Le psychiatre Serge Tisseron publie "Virtuel, mon amour", une analyse de l'impact de la révolution culturelle. Le Monde en disait récemment ceci :

"Les adolescents ne cherchent plus à quitter le domicile familial. Leurs écouteurs sur les oreilles, ou barricadés dans leurs chambres, ils mènent une vie parallèle, tout en continuant à profiter du réfrigérateur. Et c'est lorsque les parents tentent de s'immiscer dans ces nouveaux territoires qu'ils sont rejetés. Le téléphone portable n'est pas seulement un outil, mais un interlocuteur, toujours disponible. On le soupèse, on le caresse... Plus les corps s'effacent de la communication, souligne l'auteur, plus les émotions et les sensations sont vécues avec les machines elles-mêmes. Pour chercher l'âme soeur sur Internet, chacun se construit une identité, offrant l'image qu'il se fait ou essaie de donner de lui-même. On " se parle " sans se voir, pour essayer de savoir si cela vaut la peine de se rencontrer... La vraie rencontre, ensuite, échoue souvent, car " les rituels préliminaires qui apprivoisent les corps et les encouragent à se faire confiance n'ont pas eu lieu ". La vie numérique, avec ses jeux de plus en plus sophistiqués et ses avatars, n'est pas nécessairement une calamité, remarque Serge Tisseron. Certains jeunes se soignent dans les espaces virtuels, alors que d'autres y vont de plus en plus mal. Le psychiatre préconise des jeux de rôle dès la maternelle : " Plus les enfants seront invités précocement à "imiter pour de faux" dans un cadre qui soit garant de leur jeu, et moins ils seront menacés par la tentation d'imiter "pour de vrai" les images qu'ils voient, que ce soit comme agresseurs ou comme victimes. "

Source : Le Monde, 18/01/08

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