30.11.07

La culture française en perte d'influence

Antoine Compagnon, professeur au Collège de France, évoque le dossier publié cette semaine par le magazine Time :

""La mort de la culture française " : c'est le gros titre en couverture du dernier numéro de l'édition européenne du magazine Time (3 décembre 2007). L'édition américaine n'a pas jugé utile de reprendre l'article : son abstention confirme que, du point de vue de l'Entertainment Industry (Time Warner est aussi propriétaire d'AOL, de HBO et de CNN), la culture française est d'ores et déjà bien enterrée - décidément nulle et non avenue. (…) Don Morrison, le responsable de l'édition européenne de Time, a beau jeu d'énumérer les symptômes du mal culturel français : 727 nouveaux romans en librairie à la rentrée 2007, mais moins d'une douzaine traduits aux Etats-Unis chaque année ; près de 200 films par an produits dans l'Hexagone, mais près de 50 % des recettes du box-office pour le cinéma américain ; Paris déserté par la création musicale et par le marché de l'art (on se console comme on peut avec François Pinault propriétaire de Christie's). Tout cela en dépit d'un budget de la culture disproportionné (1,5 % du PNB, contre 0,7 % en Allemagne, 0,5 % au Royaume-Uni, 0,3 % aux Etats-Unis). Bref, une culture sous perfusion, largement subventionnée par l'Etat, les régions ou les municipalités, mais sans échos hors des frontières. Les causes de cet isolement sont rappelées : le français n'est plus que la douzième langue parlée au monde ; la culture d'Etat décourage les initiatives privées ; les subsides permettent à la création de vivoter à l'intérieur sans affronter le marché mondial ; le Nouveau Roman et la théorie littéraire ont stérilisé la fiction, si bien que les Français préfèrent lire des romans américains épiques."
Source : Le Monde, 30/11/07

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24.10.07

La société de défiance

Les chercheurs en économie Pierre Cahuc et Yann Algan viennent de publier un rapport accablant pour notre pays : "La société de défiance. Comment le modèle français s'autodétruit". Il est disponible en pdf ici et sa lecture de ces 102 pages vaut vraiment le détour. En substance : "La Seconde Guerre mondiale, notamment l'occupation et Vichy, nous a laissé en héritage le corporatisme et un Etat dirigiste. (…) La France est prise dans un cercle vicieux. (…) Les réformes sont suspectées de ne profiter qu'à une poignée d'individus. (…) La transparence, l'équité et l'équité doivent devenir la priorité de nos politiques publiques." Julie Joly, auteur de l'article de L'Express, complète : "Les inégalités attisent les jalousies. Les dérogations multiples freinent les élans de solidarité et érodent la cohésion nationale. L'interventionnisme de l'Etat vide l'action syndicale de son sens. Couvés mais insatisfaits, les Français ruminent leur rancœur, se replient sur eux-mêmes et adoptent un cynisme à toute épreuve. De tous les pays riches, ils sont les plus inciviques."
Lisez au moins la synthèse et l'introduction de leur rapport, dans laquelle on retrouve cette citation d'Alain Peyrefitte, extraite de son livre "La société de confiance" en 1995 : "La société de défiance est une société frileuse, gagnant-perdant : une société où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative (si tu gagnes, je perds) ; société propice à la lutte des classes, au mal vivre national et international, à la jalousie sociale, à l’enfermement, à l’agressivité de la surveillance mutuelle. La société de confiance est une société en expansion, gagnant-gagnant, une société de solidarité, de projet commun, d’ouverture, d’échange, de communication."
Source : L'Express, 20/09/07

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28.8.07

Quand la réalité nous ennuie

Dominique de Villepin vient de publier "Le soleil noir de la puissance" et poursuit ainsi son analyse de Napoléon Bonaparte. A cette occasion, il dit ceci de notre pays :
" Notre pays se nourrit d'imaginaire, quand l'Angleterre ou les Etats-Unis se construisent avec davantage de sens du compromis et de pragmatisme. La réalité nous ennuie; le rêve nous épuise. Nous oscillons donc, souvent, dans l'excès et la démesure. Cela nous vaut des aventures et des déconvenues. Mais nous continuons de porter, par notre ambition universaliste, beaucoup d'espoirs. "
Source : lexpress.fr, 23/08/07

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2.8.07

Les vacances du gouvernement

Quand on change de boulot, la règle est qu'il n'y a pas de vacances la première année. C'est comme ça et cela s'impose à tous. Le gouvernement, en place depuis deux mois, est en vacances pour quinze jours à compter d'aujourd'hui. L'électeur impatient que je suis aurait apprécié qu'il continue cet été à travailler à rattraper le retard de la France et qu'il rattrape un peu plus tard son retard de congés payés !

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12.3.07

Il est urgent de se faire confiance

Pierre-Yves Bing, 23 ans, engagé chez les scouts et ses conseils au futur président :

" Le nouveau président devrait souligner la nécessité de faire confiance aux personnes, pour leur permettre de s'en sortir. Notamment, les plus jeunes. Dans le scoutisme où je suis engagé, l'essentiel de l'action est porté par des 17-25 ans. En permanence, on cherche à passer d'une logique de défiance à leur égard à celle de la confiance. Pour cela, on leur confie des projets, qu'on accompagne dans la durée. On leur manifeste qu'ils sont capables de prendre les responsabilités. Une bonne manière de développer cela dans une société est de valoriser davantage le bénévolat. Il est très positif pour la société et pour les bénévoles eux-mêmes. Il développe des aptitudes qui sont autant d'atouts et que le marché du travail devrait reconnaître. D'autant que l'offre d'engagement dans le bénévolat est vaste en France. Je pense d'ailleurs que l'instauration d'un service civil perdrait son sens s'il devenait obligatoire. Il vaut mieux inciter à l'engagement volontaire. L'obligation serait contre-productive. Enfin, pour développer la confiance, il serait important de remettre en cause l'usage des indicateurs statistiques traditionnels. Penser en "taux de croissance" ou en "valeur marchande" n'oriente pas la société vers plus de solidarité. Il vaudrait mieux privilégier les évolutions réelles de l'activité, de la vie sociale et de ses valeurs. "
(La Croix, 22/02/07)

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4.2.05

Mots anti-sinistrose : suite

L'Express propose cette semaine à la une un dossier " Et si on décidait d'avoir le moral ? ". Entre autres pépites, vous pourrez lire :
  • " Les temps sont mauvais, les temps sont difficiles, voilà ce que disent les gens... Vivons bien, et les temps seront bons ! C'est nous qui sommes les temps ! Tels nous sommes, tels sont les temps. " Saint-Augustin
  • " Vivre heureux ou malheureux relève de la décision de chacun. Le sens positif ou négatif que nous donnons à notre perception de la réalité conditionne nos comportements. " Pierre Blanc-Sahnoun, coach.
  • " Les hommes sont comme les abeilles. Leurs produits valent parfois mieux qu'eux." Jules Romain.

A vous de rajouter vos pépites dans les commentaires ci-dessous...

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3.2.05

En vingt-cinq ans deux présidents

La situation politique française est unique en Europe : depuis vingt-cinq ans nous n'avons connu que deux présidents. Depuis qu'il peut voter, un électeur de 50 ans a toujours eu un bulletin au nom de Jacques Chirac parmi les candidats ! Pendant ce temps à l'étranger, certains pays ont connu plus de cinq dirigeants. Alors que notre environnement et notre quotidien se sont profondément transformés, certains politiques n'ont jamais quitté le pouvoir. Aujourd'hui la nouvelle génération pousse. Les cinquantenaires, pour qui les choix ont été limités, souhaitent proposer de nouvelles pistes. Y parviendront-ils alors que Jacques Chirac n'exclut pas de se représenter ? Les Français choisiront. Et vous ?

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24.1.05

Mots anti-sinistrose

Quelques citations anti-sinistrose ambiante :

  • « Ne prenez pas la vie au sérieux ; de toute façon, vous n’en sortirez pas vivant. » Bernard Fontenelle
  • « La vraie actualité, c’est l’éternité. » Henri de Montherlant
  • « La vie, c’est l’action. Chaque fois que l’on se laisse gagner par la paresse, la frivolité ou la désinvolture à l’égard de soi, il n’y a plus d’œuvre, plus de grandes secousses, plus de nouveauté. Tout reste en l’état et évidemment très vite se dégrade. » Yves Simon
  • « C’est dans les moments où l’on se donne le moins que l’on se dépense le plus. » Jean-René Huguenin
  • « La plupart d’entre nous n’aurons pas à nous repentir pour un grand méfait, mais simplement pour la grande apathie qui nous empêche de faire quelque chose. » Martin Luther King
  • « Créer ou crever. » La devise de Romain Rolland
  • « Je cherche toujours l’endroit frais sur l’oreiller. » Jean Cocteau
  • « Ce qui barre la route fait faire du chemin. » Marc-Aurèle
  • « N’en parlons plus, la vie c’est demain. » Françoise Giroud

Merci de rajouter vos bons mots en commentant cette pépite ci-dessous...

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20.1.05

Les Français gagnés par la sinistrose

Une note de synthèse sur le moral des Français, rédigée par les préfets en décembre dernier, vient d'être diffusée. On peut notamment y lire ceci :
"Les Français ne croient plus en rien. C'est même pour cela que la situation est relativement calme, car ils estiment que ce n'est même plus la peine de faire part de son point de vue ou de tenter de se faire entendre. (...) L'immigration, les délocalisations restent des thèmes ravageurs dans l'opinion. Le Front National continue à s'en nourrir et continuera à faire de très bons scores."
Dominique Reyné, directeur de l'Observatoire interrégional du politique, confirme : "On peut effectivement dire que l'opinion publique se trouve à l'état gazeux. On est moins dans une situation d'atonie que d'attente. Les Français sont en train d'aborder leur nouvelle condition historique qui est la globalisation. Cela restructure leurs identités individuelles et collectives et travaille la façon dont les individus se représentent leurs enjeux, y compris nationaux" (Le Monde, 19/01/05).
Et vous, qu'en pensez-vous ? Sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau se situe votre moral en ce moment ?

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16.1.05

Un jour en France

L'hedomadaire Le Point nous entraîne cette semaine à la découverte de ce que représente en chiffres 24 heures en France. Une plongée plus d'une fois surprenante dans notre quotidien. Saviez-vous que chaque jour...?
- 2,3 millions de Français ne prennent jamais ni bain ni douche,
- nous dormons en moyenne 7 h 30,
- il naît 2086 bébés,
- 762 nouveaux cas de cancer sont recensés,
- 250.000 personnes sont hospitalisées,
- 247 accidents de la route corporels se produisent,
- les salariés du privé gagnent 58,50 euros nets,
- et nous en dépensons 15 pour manger,
- nous passons 3 h 22 devant la télé dès l'âge de 4 ans...,
- 186.301 DVD sont achetés chaque jour,
- mais 343.213 livres de poche,
- les Français dépensent 28 millions d'euros dans les jeux de la Française des Jeux,
- 1.453 décèdent...
En kiosque ou en ligne sur www.lepoint.fr

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