12.1.08

R comme Roman

Pour Umberto Eco, « le devoir d'un roman est d'enseigner tout en divertissant et ce qu'il enseigne c'est reconnaître les embûches du monde. » Les affronter n’est pas de tout repos. Du coup « les non-lettrés jouissent de cet avantage inouï de pouvoir passer avec quiétude à côté d'eux-mêmes ; ce n'est pas sans repos. Les grands romans ont tous un effet de miroir qui favorise la prise de conscience de nos insuffisances, du décalage irritant qui existe entre nos rêves et ce que nous en avons fait » estime Alexandre Jardin. Mais Frédéric Beigbeder nous convainc de l’essentiel : « les choses importantes de ta vie, les journaux n'en parlent jamais. Les choses belles dont tu souviendras au moment de ta mort ne sont pas imprimées dans les magazines, ni dans les témoignages de stars. Ta nostalgie, tes amours, ta famille, le sens de ton existence, la beauté, la vérité, tout cela est dans les romans et nulle part ailleurs. Il n'y a qu'en lisant des romans que tu as la conscience d'exister. Te priver de romans, c'est te priver de ce qui te rend grande et éternelle. La société actuelle se détruit en fuyant les romans. La mort du roman sera aussi la tienne, la mienne, la nôtre. » Il existe toutefois sur le marché des mauvais romans qui n’apportent pas grand-chose. Marcelin Pleynet croit savoir que « les mauvais romans n’ont de succès qu’auprès de ceux dont la vie est un mauvais roman. C'est dire s’il y a foule. »

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Anonymous ginkgo a écrit...

Pour je-ne-sais-plus quelle professeur de banlieue qui disait, sur France Inter, s'être vue confrontée, tout à fais interloquée, à la question d'un de ses élèves qui lui demandait à quoi cela servait les romans, à quoi cela servait de lire de la poésie, cette pépite tombe à point...

12/1/08 00:03  
Anonymous Jean-Yves Alt a écrit...

J’aime beaucoup ce que dit Umberto Eco. Pour moi, un roman qui donne à réfléchir sur les rôles qu'impose la société, sur toutes les contraintes que nous opposons au bonheur est un bon roman. Celui aussi qui provoque un jeu de l'imaginaire presque délirant, une jouissance de l'imagination... C’est dire qu’il n’est pas facile à définir le bon roman

12/1/08 09:33  

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