20.10.07

L comme Livres

« Il s'agit toujours, quel qu'en soit son format ou son aspect extérieur, d'une pincée de feuillets ; cousus ou reliés, que l'on peut feuilleter. Telle pourrait d'ailleurs être la définition d'un livre donnée par son inventeur s'il brevetait aujourd'hui une telle trouvaille. Mais l'idée remonte à près de 2000 ans et, depuis les premiers codex, elle n'a pas subi la moindre altération dans son principe » rappellent Michel Alberganti et Emmanuel de Roux. « Nous ne devrions appeler « livres » que ceux qui contiennent quelque chose de nouveau ; les autres ne sont guère que des moyens d’apprendre rapidement ce que les hommes ont fait dans un certain domaine » estimait Lichtenberg. Yves Simon se souvient de son incroyable découverte : « Retour en arrière, je veux évoquer l'étrange instant où un jeune garçon de dix ans découvre qu'à l'intérieur d'un petit volume de carton et de papier règne des océans, des baleines, des loups, des grands espaces, mais encore des trésors de passions et de savoirs, que naissent sous l'empire des mots des cascades de saveurs. Pochettes surprises, pochettes sublimes : l'infini peut se nicher dans un objet fini. » Les livres ont aussi beaucoup compté pour Patrick Poivre d’Arvor, car « avec les enfants, ils demeurent » : « Je dois tout aux livres. Ils m'ont donné une existence. (…) Je suis entré dans le monde des livres, je pensais que c'était le vrai monde. Je me suis rendu compte qu'il y avait une distorsion mais je crois que j'ai toujours cette vision du monde dans ma tête. » Pourquoi ces passions ? Montaigne y voyait « la meilleure munition que j'aie trouvée à cet humain voyage ». Il faut aussi écouter Edgar Morin : « Un livre qui compte nous dévoile une vérité ignorée, cachée, profonde, informe, que nous portions en nous, et il nous procure un double ravissement, celui de la découverte de notre propre vérité dans la découverte d'une vérité extérieure à nous, la découverte de nous-mêmes dans des personnages extérieurs à nous. » Pour Chantal Thomas, « quand on sort d’un livre, on entend autrement les conversations qui se tiennent autour de nous. C’est ça le bonheur de l’art, le relief que ça donne au monde. » On n’a malheureusement trop souvent l’impression que cette conscience se perd. « Même dans ces temps difficiles, j’aimerais bien que les jeunes, en particulier, comprennent que le livre reste un espace unique pour l’imagination et la liberté. C’est aussi pour cela que j’écris : avec la conviction que les livres sont de l’ordre du bonheur » affirme Bernard Chambaz. Bernard Fixot le rejoint quand il dit que le bon livre est celui qui rend heureux celui qui l’a acheté. Qui aime les livres serait donc heureux pour la vie… « Quand je pense à tous les livres qu'il me reste encore à lire, j'ai la certitude d'être encore heureux… » clamait Jules Renard. Le livre est enfin un produit d’une modernité jamais dépassée. « Le livre est le seul outil véritablement interactif, puisque on peut ouvrir à n'importe quelle page, revenir en arrière où aller de l'avant, et que les images surgissent en nous au détour des mots » pour Pierre Marchand.

Libellés :

Anonymous Jean-Yves a écrit...

Je suis sensible à ce billet. J'aime ce que dit Chantal Thomas... et les autres.

20/10/07 12:19  

Enregistrer un commentaire

<< Page principale