17.10.06

Le blues des américains moyens

" Mais de quoi se plaignent-ils ? Leur essence, même à 3 dollars les quatre litres est toujours bien moins chère qu'en France. La croissance américaine, proche des 3,4 % cette année, serait enviée par bien des Européens. Quant au taux de chômage, un microscopique 4,7 %, il constitue, un mois et demi avant les élections du Congrès, une preuve patente de la bonne santé économique des Etats-Unis. (...) Et pourtant, pas moins de cinq sondages, effectués juste avant la rentrée du 4 septembre, date de publication des grands indicateurs sociaux, révèlent le malaise et l'amertume de l'Américain moyen, persuadé d'être le laissé-pour-compte du fameux « âge d'or de la rentabilité ». (…) Le blues du travailleur américain prend des allures de fait de société lorsqu'on découvre, selon l'analyse du Center on Budget and Policy Priorities, un centre de recherche de Washington, que les salaires ne représentent plus aujourd'hui que 51,7 % du total des revenus nationaux, un niveau jamais enregistré depuis les premières statistiques établies en 1929, tandis que celui des profits des entreprises a retrouvé, avec 13,7 % du total, son apogée des rugissantes années 1950. Ce gouffre béant entre les fiches de paie et les bilans s'explique avant tout, selon l'Economic Policy Institute, un institut de recherche peu amène avec le patronat, par l'évidente disparité entre la productivité des employés, en hausse de près de 17 % depuis 2000, et leurs revenus, presque inchangés. En clair, l'Américain s'estime, à juste titre, de plus en plus mal récompensé de ses efforts. " Dixit le correspondant de l'hebdo Philippe Coste. (L'Express, 21/09/06)

Anonymous Matthieu M. a écrit...

L'américain commence à ressembler au français...

17/10/06 20:24  

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