3.5.06

Le musée a pris le relais des églises

" Le musée n'est pas un lieu de consommation. C'est un lieu pour la pensée sur un mode hypersensible. L'art au musée doit être vécu comme une expérience rare. On ne le consomme pas. La recherche de la rentabilité ne doit pas contrevenir à cet enjeu premier… Le musée n'est pas un espace du quotidien, mais le politique et le social y sont présents à travers la virulence des artistes. Pour moi, le musée doit opérer une rupture avec la rue, le banal. Le public cherche au musée une alternative. Je le vois comme un oxymoron (figure de rhétorique caractérisée par un assemblage de mots apparemment contradictoires), lieu de contemplation et de retrait autant que forum et laboratoire. Un lieu de « silence éloquent ». En ce sens, le musée a pris le relais des églises. " Dixit Suzanne Pagé, directrice du Musée d'art moderne de la ville de Paris. (www.lemonde.fr)

Anonymous Jean-Yves a écrit...

Effectivement. Je crois aussi que d’une certaine manière la culture « interroge » la place de la religion.
Tant que le catholicisme était dominant, il n’avait pas besoin de se manifester. Il faisait partie du paysage. Aujourd’hui, c’est une option parmi d’autres.
Le délitement de l’encadrement religieux et l’effacement de la mémoire chrétienne n’ont, je crois, pas fini de produire leurs effets. Les Musées ont pris en partie le relais.
Comment l’Église va-t-elle réagir ? Sera-t-elle capable de réviser son discours ? On voit bien la difficulté des évêques à se positionner dans les débats contemporains : certains veulent encourager ce qui leur paraît positif, d’autres préfèrent le registre de la dénonciation.
Et si le catholicisme ne se basait plus sur la seule foi, mais sur la culture ? Qu’est-ce que nous sommes, nous Français, tant sur le plan historique qu’au niveau des mentalités ? Catholiques, pour une grande majorité. Le débat autour de l’adhésion de la Turquie à l’Europe me semble, à cet égard, tout à fait révélateur.

3/5/06 09:31  

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