13.3.06

Le retournement d'une tragédie millénaire

" On ne peut rien comprendre à l'émergence de la société moderne et aux transformations du destin de l'enfant si l'on ne saisit pas ce retournement d'une tragédie millénaire : hier les mères risquaient leur peau à chaque accouchement, et les enfants n'étaient pas assurés de vivre. Le recul de la mort est un phénomène sans précédent. Dans l'histoire d'une société, dans l'histoire de l'espèce humaine, il est unique et ne peut se produire qu'une fois. C'est comme la découverte du feu : il y a un avant et un après. Aujourd'hui on a largement éradiqué la mortalité infantile et maternelle. La mère et l'enfant ne sont plus asservis à la mort et à l'angoisse - dans les pays occidentaux - et la naissance est une promesse de vie affranchie de toute crainte, ou presque… Le risque de mort est désormais concentré dans le grand âge. Sa disparition du décor de l'enfance, récente donc au regard de l'Histoire, a totalement bouleversé les relations familiales et la formation de la psychologie individuelle. " Dixit le sociologue Paul Yonnet, qui publie " Le recul de la mort, l'avènement de l'individu contemporain " aux éditions Gallimard. (L'Express, 02/03/06)

Anonymous Jean-Yves a écrit...

Je me demande si le terme de "tragédie" que tu emploies dans ton titre n'est pas une "invention" récente pour désigner la mort des enfants. Pendant des millénaires, comme phénomène courant, cette mort devait apparaître comme sinon "naturelle" au moins comme une véritable éventualité... d'où la nécessité pour assurer sa descendance d'avoir une famille nombreuse.

13/3/06 17:37  

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