22.3.06

Ils sèment la mort

" On ne retrouve plus, dans les grandes violences contemporaines, ce visage familier de la guerre qui rendait la mort acceptable ou légitime (mourir « pour la gloire..., mourir pour la patrie »…). Le rapport d'égalité devant la mort a changé et le schème typique - deux armées représentant deux unités politiques se rencontrant sur un champ de bataille, avec au final un vainqueur et un vaincu - a disparu. Les actes terroristes comme celui du 11 septembre frappent les civils, c'est-à-dire, par définition, des gens qui ne sont pas là pour mourir (comme dans les Etats déchirés par des milices rivales, où la plupart des exactions sont commises contre des civils désarmés). On est devant une violence unilatérale dont les personnages-clefs ne sont plus le héros ou le chevalier, mais le terroriste, le mercenaire, ou même l'ingénieur quand il s'agit de téléguider des missiles. Au fond la mort ne s'échange plus : elle se sème. " Dixit le professeur de philosophie Frédéric Gros. (Télérama, 08/03/06)

Anonymous Jean-Yves a écrit...

Quand la famille apprenait la mort de l'un de ses siens au "champ d'honneur", se disait-elle qu'il était mort pour la gloire ?
Il me semble qu'il y a une différence entre le ressenti des gens concernés et les discours officiels.
Cela a-t-il changé avec les violences contemporaines ?

23/3/06 09:15  

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