3.2.06

Pas de sentiment !

" Surtout pas de sentiment ! On demande à tous d'être d'abord " professionnels ", c'est-à-dire inaccessibles à cette fragile et tremblante imperfection humaine. C'est vers cet idéal qu'il s'agit de tendre. Partout. Dans le commerce comme dans la finance, dans la gestion du personnel comme dans le cabinet du médecin. Dans le train que je prends chaque semaine, j'aperçois des tas de jeunes cadres qui, penchés sur leur ordinateur ou l'oreille collée à leur téléphone portable, s'efforcent d'être eux aussi le plus « professionnels » possible. N'est-ce pas en fonction de cela qu'on les jugera ? Alors, il est assez normal que le reste, tout le reste, leur semble du temps perdu. Le reste ? Vous savez bien : l'attention à l'autre, le respect du vis-à-vis, l'émotion que peut faire naître un regard, un visage, une larme. Ces menues choses devenues " en trop ", c'est-à-dire indignes d'une seule seconde d'attention. " Dixit Jean-Claude Guillebaud, dans son dernier bloc-notes. Des mots qui touchent juste. (La Vie, 26/01/06)

Anonymous malisan a écrit...

survalorisation du travail banalisation du mal oubli de la vie...

7/2/06 18:26  

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